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Le Festival Guerre & Paix à Liège

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Liège. Salle philharmonique. 20-III-2015. Leoš Janáček (1854-1928), Sinfonietta op. 60 ; Gustav Holst (1874-1934), Les Planètes op. 32. Chœurs de l’Opéra Royal de Wallonie (chef de chœur : Marcel Seminara) ; Orchestre Philharmonique Royal de Liège et Orchestre Symphonique du Conservatoire Royal de Liège, direction : Christian Arming.

Christian Arming photo AS Trebulak

Climax de la saison musicale de l’OPRL, ce festival intitulé « Guerre & Paix » s’attelait à mettre en évidence le regard de compositeurs confrontés aux penchants les plus extrêmes de l’Humanité.

Force est de constater que la musique est un vecteur d’émotions d’une efficacité redoutable, qu’il s’agisse d’évoquer les atrocités guerrières ou un idéal de paix. L’orchestre en faisait la démonstration le temps d’un week-end rythmé par cinq concerts, une conférence et des animations diverses.

C’est avec la Sinfonietta de que s’ouvrait ce festival. L’ensemble composant l’imposante fanfare ne manquait pas de panache, et a convaincu par son assurance et sa justesse tant dans l’ouverture que dans la coda finale. Nous avons pu reconnaître à travers cette pièce les affinités de pour le répertoire tchèque. Il a su mettre particulièrement en valeur les pupitres de cordes (rarement aussi engagées) tout en usant des bois et cuivres comme d’un large ensemble, plutôt que de se perdre à vouloir faire briller chaque motif individuel. La partition gagne de cette manière en cohérence et lisibilité. Avoir judicieusement intégré la harpe au cœur de l’ensemble de cordes a également permis d’en révéler les nombreuses et substantielles interventions. D’autres interventions solistes (au hautbois notamment) bien qu’abouties techniquement manquaient parfois de franchise. Ce ressenti était certainement explicable du fait de l’intégration dans les rangs de l’orchestre de nombreux étudiants issus de l’Orchestre Symphonique du Conservatoire Royal de Liège. Le résultat de cette expérience fut des plus satisfaisants puisque en écoute à l’aveugle il était difficile de détecter les plus jeunes exécutants au sein de l’orchestre. On aura simplement noté quelques traits perfectibles chez les trompettes et trombones au terme d’une prestation générale qui a emporté l’enthousiasme du public de façon justifiée.

Après la pause, place au grand spectacle céleste mis en musique par . Et d’emblée, « Mars » prend littéralement aux tripes. L’orchestre progresse comme un seul homme, implacable et résolu au travers de ces pages au rythme féroce. « Vénus » demeure notre plus beau souvenir de la soirée. Bruce Richard, cor solo, aurait largement mérité d’être applaudi individuellement à l’issue du concert pour ses impeccables interventions ponctuant le tableau évoquant « Celle qui apporte la paix ». Un pianissimo intense, un subtil vibrato en fin de phrasé ont fait toute la démonstration du talent du musicien. Pétillant et malicieux dans « Mercure », l’orchestre ne passe à côté d’aucun détail et l’on savoure largement le travail de et de son orchestre. Aux premières mesures de « Jupiter », malgré le tempo de raison retenu par le chef d’orchestre, le jeu syncopé des cordes n’est pas intelligible de manière immédiate et l’important volume sonore dans lequel l’orchestre s’installe trop rapidement peut également troubler l’auditeur. Sur le restant du cycle, cette impression d’écrasement sur les nuances demeurera. C’est « Neptune », la planète mystique qui nous restituera un orchestre plus justement nuancé. Les dames du chœur de l’Opéra Royal de Wallonie surgissent du lointain comme une silhouette fantomatique et apportent une conclusion réussie à ce concert à l’issue duquel les spectateurs sont assurément repartis chez eux des étoiles plein les yeux…

Crédit photographique : Christian Arming © AS Trebulak

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Liège. Salle philharmonique. 20-III-2015. Leoš Janáček (1854-1928), Sinfonietta op. 60 ; Gustav Holst (1874-1934), Les Planètes op. 32. Chœurs de l’Opéra Royal de Wallonie (chef de chœur : Marcel Seminara) ; Orchestre Philharmonique Royal de Liège et Orchestre Symphonique du Conservatoire Royal de Liège, direction : Christian Arming.

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