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Hilary Hahn : une personnalité attachante à la Philharmonie

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Paris. Philharmonie 2 (Cité de la Musique). 26-III-2015. John Cage (1912-1992) : Six Mélodies ; David Lang (né en 1957) : Light Moving ; Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Partita pour violon seul n°3 en mi majeur BWV 1006 ; Claude Debussy (1862-1918) : Sonate pour violon et piano en sol mineur ; Lera Auerbach (née en 1973) : Speak, Memory ; Robert Schumann (1810-1856) : Sonate pour violon et piano n°1 en la mineur op.105. Hilary Hahn, violon ; Cory Smythe, piano.

HHahnDans l’ex-auditorium de la Cité de la Musique, aujourd’hui salle 2 de la Philharmonie, le public redécouvre la riche personnalité musicale d’.

Un programme fourre-tout ? À parcourir la liste des six œuvres interprétées par et son accompagnateur attitré, , on se demande si l’on assiste à un concert, ou à un cours accéléré d’histoire de la musique. Puis l’on comprend que la violoniste, avec simplicité, a voulu choisir des œuvres qui lui tenaient à cœur : rien de poseur ou de démonstratif dans cet assemblage, mais une spontanéité que l’on retrouve aussi dans son jeu.

En réalité, c’est au terme du concert que l’on perçoit la logique sous l’apparent éparpillement : chacune des deux parties donne à s’opposer deux grandes œuvres du répertoire pour violon. Une pièce toute contemporaine, en guise d’axe de symétrie, souligne les différences, ou manifeste l’actualité d’un héritage. La partita de Bach, lumineuse et décidée, répond donc à Cage, à cette œuvre minimaliste de 1950, en forme d’errance. Quant à l’obsession debussyste, bien visible dans la Sonate, d’une musique française, spirituelle, voire un brin moqueuse, elle semble narguer la passion exaltée qui sous-tend le chef-d’œuvre de Schumann.

C’est une grande réussite : l’esprit pénétrant d’Hilary Hahn parvient à rendre ces oppositions touchantes. La violoniste proscrit l’ennui ou la fatigue mentale qui pourraient naître du rapprochement d’univers si distants ; soutenue par un piano vigoureux et net, elle joue avec une verve et une aisance qui captivent. Ce qui a pu passer pour de la langueur, dans Debussy, est du meilleur effet chez Schumann : une douleur contenue, des éclats de fureur, voilà ce que suggèrent les tempi retenus et les sons si pleins, si étincelants d’Hilary Hahn.

Il faut dire un mot ici, hélas, de la note de programme, car on attend généralement d’un tel document qu’il prépare à l’écoute, en donnant d’avance des repères musicaux, ou des critères esthétiques de jugement. Or le livret de vingt pages distribué ce soir ne contenait pas un mot de présentation sur , ni sur , qui ne sont pourtant pas les compositeurs les plus connus du grand public, alors que nous avons en revanche, sur deux pages, un palabre sur la musique de Debussy.

Crédit photographique : Hilary Hahn et © Robert Torres

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Paris. Philharmonie 2 (Cité de la Musique). 26-III-2015. John Cage (1912-1992) : Six Mélodies ; David Lang (né en 1957) : Light Moving ; Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Partita pour violon seul n°3 en mi majeur BWV 1006 ; Claude Debussy (1862-1918) : Sonate pour violon et piano en sol mineur ; Lera Auerbach (née en 1973) : Speak, Memory ; Robert Schumann (1810-1856) : Sonate pour violon et piano n°1 en la mineur op.105. Hilary Hahn, violon ; Cory Smythe, piano.

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