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Le pianiste Kotaro Fukuma sur la scène de Gaveau

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Salle Gaveau 1-IV-2015 Jean-Sébastien Bach (1685-1750)-Ferruccio Busoni (1866-1924): Choral Prélude Nun Komm, der Heiden Heiland en sol mineur BWV 826; Frédéric Chopin (1810-1847): Nocturnes op.15 n°1 en fa majeur et n°2 en FA# majeur; Fantaisie impromptu op.66 en do# mineur; Ballade n°1 op.23 en sol mineur; Andante spianato et Grande Polonaise brillante op.22 en mib majeur; Alexandre Scriabine (1872-1915): Sonate pour piano n°3. Kotaro Fukuma, piano.

Photo by Gilles BruneauC’était une première à Gaveau pour , magnifique pianiste japonais de 32 ans au tempérament de feu qui, après des études au CNSM de Paris, est allé se perfectionner à Berlin où il s’est installé.

Son programme des plus exigeants nous conduisait du choral quasi austère de Bach/Busoni à l’éblouissante Grande Polonaise brillante de Chopin, un cheminement vers la lumière au sein duquel s’inscrivait très logiquement la Sonate n°3 d’, compositeur russe dont on fête cette année le centenaire de la disparition.

Après le Choral Nun komm der Heiden Heiland en sol majeur transcrit par Busoni, qui débute plutôt gravement le concert, se lance dans la Partita n°2 en do mineur de Jean-Sébastien Bach. L’imposante Sinfonia inaugurale met d’emblée sous les doigts du pianiste une fugue des plus rigoureuses, exercice de haute volée dont notre pianiste s’acquitte avec panache. Si l’Allemande et la Sarabande manquent un peu d’éloquence dans la conduite mélodique, le Rondeau et le Capriccio final instaurent un équilibre de la polyphonie et une digitalité prodigieuses.

On sait l’amour que Chopin portait au Cantor de Leipzig qui lui inspire ses 24 Préludes. Une filiation se crée entre l’arabesque de Bach et celle de Chopin sous le toucher délicat de l’interprète. Les deux Nocturnes de l’opus 15 sont joués avec beaucoup de délicatesse, voire une certaine retenue, avant la Fantaisie-Impromptu dont il ne fait qu’une bouchée! La Ballade n°1 enfin est traversée d’un élan passionné dans l’interprétation qu’en donne le jeune pianiste, lui conférant une envergure sonore impressionnante dans un parfait équilibre des registres.

Pour la deuxième partie de son récital, Kotaro Fukuma a laissé la queue de pie au vestiaire et aborde tout fringant le clavier pour jouer la Sonate n°3 d’, la seule avec la première à compter quatre mouvements. Dans un geste totalement libéré et une énergie nouvelle, notre soliste en donne une exécution galvanisante, déployant une palette de couleurs et une frénésie rythmique saisissantes. Outre l’abattage technique et la maitrise du clavier dont il fait preuve, l’interprète habite totalement cette musique éruptive, d’une mobilité presque maladive, dont il accuse superbement les contrastes.

La Grande Polonaise brillante précédée de son Andante Spianato reste sur ces hauteurs, restituée avec une aisance confondante. L’interprète magnifie la profondeur des basses et la plénitude de la résonance sans rien perdre de la précision du trait et de la souplesse de la ligne: tout en élégance et raffinement.

Chaleureux et très spontané, Kotaro Fukuma prend la parole au terme du récital pour rendre un hommage très émouvant à celui qu’il nomme son mentor, le regretté Aldo Ciccolini. En jouant le bis préféré du Maître, Salut d’amour d’Edward Elgar ainsi que deux autres pièces, de Balakirev d’abord puis de Satie, autant de musiques rafraichissantes sous le toucher racé et délicat de cet artiste à suivre assurément.

Crédit photographique : Gilles Bruneau

 

 

 

 

 

 

 

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Salle Gaveau 1-IV-2015 Jean-Sébastien Bach (1685-1750)-Ferruccio Busoni (1866-1924): Choral Prélude Nun Komm, der Heiden Heiland en sol mineur BWV 826; Frédéric Chopin (1810-1847): Nocturnes op.15 n°1 en fa majeur et n°2 en FA# majeur; Fantaisie impromptu op.66 en do# mineur; Ballade n°1 op.23 en sol mineur; Andante spianato et Grande Polonaise brillante op.22 en mib majeur; Alexandre Scriabine (1872-1915): Sonate pour piano n°3. Kotaro Fukuma, piano.

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