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Matthias Goerne, le chant du maître

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Metz. Arsenal. 30-IV-2015. Franz Schubert (1797-1828) : Cinq Menuets avec six Trios pour orchestre à cordes D 89 ; Des Fischers Liebesglück ; Das Heimweh ; Ganymed ; Abendstern ; Pilgerweise et Alinde (arrangements d’Alexander Schmalcz pour orchestre de chambre) ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Symphonie n° 29 en la majeur. Matthias Goerne, baryton ; Dresdner Kapellsolisten, direction : Helmut Branny.

Matthias Goerne Photo: Marco BorggreveDans un répertoire où il est aujourd’hui sans égal, s’affirme de plus en plus comme le maître incontesté du lied allemand. Le récent concert de l’Arsenal de Metz vient d’en donner une nouvelle preuve.

Le public aura bien entendu fêté l’élégance, le chic et la probité des instrumentistes des , placés sous la baguette précise et attentive de leur chef . Rien à dire sur la lecture propre, honnête mais tellement traditionnelle de la Symphonie n° 29 de Mozart, ou encore sur celle des Cinq Menuets et six Trios pour orchestre à cordes de Schubert, enlevés avec charme, compétence et professionnalisme. Il ne s’agit sans doute pas de l’œuvre la plus géniale du compositeur autrichien, mais elle est néanmoins parcourue ici et là de ce délicieux frisson romantique qui permet de compter Schubert parmi les plus grands. Donné en bis, l’Adagio de la Symphonie n° 45 de Haydn – dite « Les adieux » – aura donné la preuve que ces musiciens si accomplis et à la mine si sérieuse sont capables également d’humour et de fantaisie.

Le grand moment d’émotion de la soirée aura incontestablement été fourni en fin de première partie par la sublime prestation de , dans une sélection de lieder de Schubert présentés dans l’orchestration d’, un des accompagnateurs favoris du grand baryton allemand. Au sommet absolu de son art vocal, capable des plus fines nuances mais également d’impressionnants fortissimi, Goerne est sans doute le seul chanteur sachant aujourd’hui attaquer ses notes comme si elles lui venaient naturellement et sans effort. Un murmure venu de nulle part. Son art du legato, sa manière de conduire les phrases dans un souffle infini nous ouvrent des horizons poétiques insoupçonnés. Car c’est bien à la peinture que l’on pense devant une telle palette de nuances qui, d’un lied à l’autre, crée à chaque fois un véritable tableau, un nouvel univers fait d’émotions et de sensations dans lequel l’auditeur se laisse emmener pour un voyage sans retour. Le chant des sirènes ? Sûrement pas. Le chant du maître, auquel le public de l’Arsenal aura ce soir réservé un véritable triomphe.

L’actualité française de Matthias Goerne sera particulièrement chargée dans les semaines prochaines. Qu’on se le dise !

Crédit photographique : Matthias Goerne © Marco Borggreve

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