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Gidon Kremer porte le trio de Rachmaninov à l’incandescence

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Paris, Théâtre des Champs-Élysées. 5-V-2015. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Fantaisie pour piano K 397. Mieczyslaw Weinberg (1919-1996) : Sonate pour violon seul n° 3 op. 126. Franz Schubert (1797-1828) : Fantaisie pour violon et piano D934. Sergueï Rachmaninov (1873-1943) : Trio Élégiaque n°2 pour piano, violon et violoncelle (+ Trio n°1). Daniil Trifonov (piano), Gidon Kremer (violon), Giedrė Dirvanauskaitė (violoncelle).

Horst_Helmut_Schmeck2 lors de sa venue à Paris a su insuffler à ses deux partenaires un lyrisme grandiose qui a porté le rare mais somptueux trio élégiaque de Rachmaninov à l’incandescence. Un moment inoubliable.

est réputé être un violoniste d’une générosité et d’une curiosité sans limites. Il l’a prouvé une nouvelle fois dans le concert qu’il a donné au Théâtre des Champs-Élysées le 5 mai 2015. Générosité en effet que d’associer à son nom et à sa notoriété deux artistes peu connus, le très jeune (il est né en 1991) mais ô combien talentueux déjà, et la violoncelliste , membre de la Kremerata Baltica. Curiosité aussi par un programme aussi copieux que varié. Qu’on en juge.

L’ouverture revenait à Trifonov qui a donné une Fantaisie K 397 de Mozart toute de délicatesse et de musicalité, hélas perturbée par l’invraisemblable concert de toux d’un public bien mal élevé.  Puis la place revenait à Kremer seul dans la Sonate n°3 pour violon seul de Weinberg, dont la construction lâche et le caractère un peu décousu laissait apparaître des « tunnels » d’où émergeaient quelques épisodes intéressants. Venait ensuite l’admirable fantaisie de Schubert, rencontre au sommet pour le duo Kremer-Trifonov, dans une œuvre à la fois lyrique et émouvante comme tout le dernier Schubert mais aussi d’une virtuosité inhabituellement exigeante pour le compositeur viennois.

Après l’entracte, les trois artistes ont porté à incandescence le très long trio « élégiaque » de Rachmaninov, partition somptueuse écrite sous le coup de la mort de Tchaïkovski, comme en écho à l’opus 50 de ce dernier. Un  grand moment comme on a peu l’occasion d’en entendre car l’œuvre requiert par ses dimensions hors normes et l’exigence de sa partie de piano des artistes d’exception. Cerise sur le gâteau, les trois musiciens concluaient la soirée en offrant au public le premier trio du même Rachmaninov, en un seul mouvement, qui dépassait le cadre d’un simple bis. Un concert inoubliable.

Crédit photographique :  (c) Horst Helmut Schmeck

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Paris, Théâtre des Champs-Élysées. 5-V-2015. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Fantaisie pour piano K 397. Mieczyslaw Weinberg (1919-1996) : Sonate pour violon seul n° 3 op. 126. Franz Schubert (1797-1828) : Fantaisie pour violon et piano D934. Sergueï Rachmaninov (1873-1943) : Trio Élégiaque n°2 pour piano, violon et violoncelle (+ Trio n°1). Daniil Trifonov (piano), Gidon Kremer (violon), Giedrė Dirvanauskaitė (violoncelle).

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