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Une joyeuse Cenerentola à Rennes en mémoire de Jérôme Savary

La Scène, Opéra, Opéras

Rennes. Opéra. 26-V-2015. Gioacchino Rossini (1792-1868) : La Cenerentola, melodramma giocoso en 2 actes sur un livret de Jacopo Ferretti. Mise en scène : Jérôme Savary réalisée par Frédérique Lombart. Décors & costumes : Ezio Toffolutti. Lumières : Alain Poisson. Avec : José Maria Lo Monaco, Angelina ; Daniele Zanfardino, Don Ramiro ; Marc Scoffoni, Dandini ; Bruno Pratico, Don Magnifico ; Jeannette Fischer, Clorinda ; Anna Steiger, Tisbé ; Luigi De Donato, Alidoro. Chœur de l’Opéra de Rennes (direction : Gildas Pungier), Orchestre Symphonique de Bretagne, direction : Darrell Ang.

885499_1064788553548565_5118334709495734749_oPour la quatrième édition d’Opéras sur écran(s), mêlant diffusion sur grands écrans dans treize communes bretonnes ainsi qu’à Jersey, diffusion en direct sur France Musique et sur les chaînes de télévision locales, et démonstration de nouvelles technologies, l’Opéra de Rennes a voulu rendre hommage à , qui nous a quittés en 2013.

Après Mozart et Verdi, place à Rossini avec la reconstitution de la célèbre mise en scène de La Cenerentola, créée à Genève en 1993 et reprise ensuite au Palais Garnier. Nous gardons personnellement un souvenir ébloui des représentations de décembre 2002 au cours desquelles Juan Diego Florez donnait la réplique à Joyce Di Donato. , ancienne collaboratrice du fondateur du Grand Magic Circus, a réglé amoureusement cette reprise pour laquelle il a été nécessaire de reconstituer une partie des décors. Bien sûr, le côté bouffe est ici priorisé par rapport à la dimension poétique de l’ouvrage, mais le spectacle fonctionne et provoque plus d’une fois l’hilarité du public.

Habituées de cette production, et en font des tonnes dans leurs rôles de sœurs odieuses. Si la première maîtrise toujours aussi bien le grand écart, la seconde donne d’évidents signes de fatigue vocale. Inattendu dans ce répertoire, se libère au fil de la représentation et affiche une santé vocale et une fantaisie scénique qui finissent par emporter l’adhésion. use de sa stature physique et de sa basse profonde pour camper un brillant deus ex machina tandis que est contraint d’user de son grand métier et de sa vis comica pour faire oublier un instrument désormais bien élimé.

Lancé par le maestro Alberto Zedda à l’Académie de Pesaro, prend rang parmi les meilleurs ténors rossiniens du moment avec une technique accomplie, une intense virtuosité et un aigu conquérant qui font notamment merveille dans Si ritrovaria io giuro. Les lauriers de la soirée reviennent toutefois à la sicilienne José Maria Lo Monaco qui joint aux agréments d’un physique idéal pour le rôle ceux d’un mezzo flatteur. One sait que mettre en avant, des moirures du timbre, de l’art de la coloration, de l’aisance de la vocalise ou de la parfaite musicalité. Son rondo final est un réel instant de grâce.

signe une direction d’orchestre très professionnelle, bien en place, mais manquant de fantaisie et de pétillant. Rossini n’entre sans doute pas dans son arbre généalogique, pas plus que dans celui de l’, tellement plus flamboyant dans un répertoire plus tardif. Le chœur, enfin, paraît parfois inhabituellement désordonné dans sa générosité.

Crédit photographique : José Maria Lo Monaco (Angelina) (Alidoro) © Laurent Guizard

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