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Christian Gerhaher à Salzbourg, Mahler toujours

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Salzbourg. Haus für Mozart. 27-VII-2015. Gustav Mahler (1860-1911) : Lieder eines fahrenden Gesellen ; 10 Lieder aus Des Knaben Wunderhorn ; Kindertotenlieder. Christian Gerhaher, baryton ; Gerold Huber, piano.

Liederabend_2015_Gerold_Huber_Christian_Gerhaher_c_Marco_BorelliAvec et , les Lieder de Mahler trouvent leurs interprètes idéaux.

Il n’y a pas beaucoup de surprises à attendre d’un concert Mahler par  : le chanteur a tellement souvent interprété ces œuvres, y compris à Salzbourg ; il en a fait plusieurs enregistrements, avec ou sans orchestre ; et puis, il souligne lui-même que, dans une œuvre aussi difficile techniquement que les Chants d’un compagnon errant, la marge de manœuvre pour le chanteur est si étroite qu’il n’est pas question pour lui de réinventer chaque soir son interprétation. Peut-être est-ce ce manque de surprise qui a empêché un meilleur remplissage de la salle, à moins que ce ne soit le discrédit qui pèse toujours sur le lied, même à Salzbourg. Et pourtant, si attendus qu’aient été la soirée et le programme, le concert de ce soir est de ceux qu’on n’oublie pas : quand un chanteur et un pianiste au sommet de leur art se mettent au service de quelques-uns des plus grands chefs-d’œuvre de leur répertoire, la répétition n’est pas un pensum, mais une occasion rêvée de rapprocher encore chaque spectateur du cœur de ces œuvres intensément mystérieuses.

Christian Gerhaher, ce soir, était dans une forme vocale éblouissante, ce qui ne gâchait rien : les longues notes tenues ou les longs mélismes de tel ou tel lied semblaient infinis, à la fois précis et chaleureux. Le sens du texte est toujours là avec lui, tout comme l’accompagnement merveilleux de précision de  ; la chaleur et la largeur de la voix du chanteur, en cette soirée salzbourgeoise, apportent un supplément d’humanité bienvenu. L’interprétation de ces deux artistes est de celles qu’une longue fréquentation des œuvres a mûri, avec un sens de l’équilibre et de la mesure qui leur sont propres : on pourrait imaginer un humour plus conquérant dans Um schlimme Kinder artig zu machen, mais ils font ressentir aussi ce qu’a d’inquiétant ce chevalier en quête de petits enfants ; on a souvent choisi un ton plus tragique pour Das irdische Leben, mais ils en font une élégie où la souffrance humaine est déplorée comme une composante inévitable de l’expérience humaine. Le public fête dignement ces deux artistes si éloignés de tout star system, mais qui ont su conquérir l’amour et le respect des mélomanes à force d’exigence artistique.

Crédit photographique : © Marco Borelli

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Salzbourg. Haus für Mozart. 27-VII-2015. Gustav Mahler (1860-1911) : Lieder eines fahrenden Gesellen ; 10 Lieder aus Des Knaben Wunderhorn ; Kindertotenlieder. Christian Gerhaher, baryton ; Gerold Huber, piano.

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