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Retour à Salzbourg pour Répons de Boulez

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Salzbourg. Lehrbauhof. 15-VIII-2015. Pierre Boulez (né en 1925) : Répons, pour six solistes, ensemble de chambre, sons électroniques et électronique en temps réel. Hidéki Nagano, Sébastien Vichard, piano ; Frédérique Cambreling, harpe ; Luigi Gaggero, cymbalum ; Samuel Favre, vibraphone ; Gilles Durot, xylophone ; Andrew Gerszo, Gilbert Nouno, réalisation électronique IRCAM ; Ensemble Intercontemporain, direction : Matthias Pintscher.

DSC_7496-Repons-Pierre Boulez-copyright Luc HossepiedLes musiciens de l’ brillent à Salzbourg dans un vivant hommage à Boulez.

Fallait-il vraiment envoyer les spectateurs du Festival de Salzbourg dans la banlieue de la ville, dans une sorte de lycée professionnel des métiers du bâtiment, pour seulement trois quarts d’heure de musique ? Eh bien oui, trois fois oui : d’abord parce que l’œuvre jouée est Répons, l’une des plus fortes œuvres pour orchestre de la fin du XXe siècle et une étape décisive dans la collaboration entre l’informatique moderne et la musique ; ensuite parce que l’œuvre est jouée deux fois, ce qui constitue une soirée consistante, et rares sont les spectateurs qui ont préféré éviter une seconde écoute ; enfin parce que c’est dans ce lieu même, la première année de l’intendance de Gerard Mortier (1992), que Boulez lui-même est venu jouer cette pièce avec l’.

Mais pourquoi jouer deux fois la même œuvre ? Est-ce donc qu’elle serait d’une irréductible difficulté ? Difficulté, non ; richesse, oui, et ce d’autant plus que la spatialisation de l’orchestre et des solistes justifie pleinement qu’on puisse souhaiter la réécouter d’un autre point de la salle. L’ensemble de vingt-quatre membres avec son chef est au centre du dispositif ; sur les côtés de la salle, les six solistes sont en effet disposés de telle sorte que l’écoute de chaque spectateur est nécessairement influencée par les deux ou trois solistes les plus proches de lui. Impossible, par exemple, d’entendre à égalité les deux pianos, ou les deux percussionnistes, et ce même si le jeu de l’électronique vient encore compliquer l’espace sonore : mieux que les techniques aléatoires élaborées par John Cage ou par Boulez lui-même, et même si les musiciens jouent toujours les mêmes notes, le procédé permet d’obvier à la pétrification monumentale de l’œuvre telle que sanctifiée par l’imaginaire romantique.

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Choisir l’Ensemble Intercontemporain pour porter cette œuvre était une évidence : non seulement il a assuré la création des différentes versions de l’œuvre, mais surtout c’est lui, son effectif et ses possibilités, que Boulez a en tête lorsqu’il compose cette œuvre. Inutile de dire que chacun des solistes assume crânement les parties hautement virtuoses conçues par Boulez pour leur instrument ; mais ce sont tous les membres de cet ensemble d’exception qui brillent ici. Les musiciens sont ainsi un hommage vivant non seulement à Boulez compositeur, mais aussi à Boulez chef d’orchestre et à Boulez créateur d’institutions et organisateur de la vie musicale.

Crédits photographiques : © Luc Hossepied pour l’Ensemble intercontemporain et © Salzburger Festspiele / Marco Borrelli

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Salzbourg. Lehrbauhof. 15-VIII-2015. Pierre Boulez (né en 1925) : Répons, pour six solistes, ensemble de chambre, sons électroniques et électronique en temps réel. Hidéki Nagano, Sébastien Vichard, piano ; Frédérique Cambreling, harpe ; Luigi Gaggero, cymbalum ; Samuel Favre, vibraphone ; Gilles Durot, xylophone ; Andrew Gerszo, Gilbert Nouno, réalisation électronique IRCAM ; Ensemble Intercontemporain, direction : Matthias Pintscher.

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