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Guillaume Connesson enthousiasme à Bâle et Besançon

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Besançon. Kursaal. 13-IX-2015. Arthur Honegger (1892-1955) : Pastorale d’été. Guillaume Connesson (né en 1970) : Concerto pour violoncelle et orchestre. Robert Schumann (1810-1856) : Symphonie n°3 en mib majeur « Rhénane ». Jérôme Pernoo, violoncelle. Orchestre symphonique de Mulhouse, direction : Patrick Davin.

Théâtre Ledoux. 18-IX-2015. Guillaume Connesson : Flammenschrift. Maurice Ravel (1875-1937) : Concerto pour piano en sol majeur. Igor Stravinsky (1882-1971) ; Petrouchka. Alice Sara Ott, piano. Orchestre symphonique de Bâle, direction : Dennis Russell Davies.

Sympho_Mulhouse _Y_Petit_9Au Festival de Besançon, la nature était le sujet thématique du concert donné par l’ placé sous la direction de . On retiendra surtout Flammenschrift et le Concerto pour violoncelle de

Trois manière de la voir, de l’entendre et de l’écrire ou la décrire. De Schumann – Symphonie Rhénane – à Honegger – Pastorale d’été – pour conclure avec le Concerto pour violoncelle (2008) de (compositeur en résidence à Besançon depuis deux ans), voilà trois époques au demeurant pas si éloignées dans leurs visions de la mère nourricière de l’homme et des arts.

La peu jouée Pastorale d’été qui inaugura le concert fut un exceptionnel bain de jouvence juvénile, bruissant et subtil, gorgé de lumières et de couleurs. Pour la Symphonie n°3 de Schumann garda une forme de fraîcheur à la limite de l’épaisseur : l’impossible Maestoso prit de la hauteur et de la densité, la chef si affable prenant cette fois le masque de la gravité. Les autres mouvements ont tenu la dynamique et l’enthousiasme.

Le Concerto pour violoncelle de Connesson fut une découverte : musique d’une grande richesse, aux multiples influences restituées dans un climat très personnel, dont les trois sous-titres correspondant aux trois mouvements donneront une idée : granitique, paradisiaque, orgiaque. à l’instrument les incarna tour à tour, nous faisant même parfois entendre autre chose que du violoncelle pour notre plus grand plaisir. Un soliste qui se comporta comme un membre de l’orchestre dont il fut à tout moments à l’écoute, se penchant vers les violons I tout près ou tournant la tête vers le fond tant il était en échanges avec les musiciens. L’extrême virtuosité fut transcendée et les applaudissements nourris comblèrent le compositeur venu saluer une salle qui ne pouvait que se réconcilier avec un langage moderne excitant qui bouta les « dodécas » hors de nos oreilles.

Une cohérence stylistique

Nous retrouverons donc avec un a priori très favorable G. Connesson dans la soirée présentée par le . Flammenschrift (2012) littéralement étourdissant, tournoyant, explosif, sans aucun répit pour les musiciens, dix minutes qui décollent et nous scotchent dans notre fauteuil. Du très grand art pour un auteur encore très peu enregistré. A suivre ! Le Concerto en sol de M. Ravel – une des influences de Connesson par ailleurs – qui fut restitué par la jeune germano-japonaise nous enthousiasma un peu moins au seul niveau pianistique. Style fougueux quand il se doit, très souvent détaché avec peu de pédale, pour un jeu sans émotion en particulier dans un Adagio assai qui ne demande qu’à échapper à son interprète, Adagio qui manquait de sens, proche de l’analytique mais toujours mieux cependant qu’un hors-sujet idéal pour un romantisme béat. Il a été mené de main de maître par Denis Russell Davies qui sait à ce moment ce que sont des attaques en pianissimo. On n’aurait jamais dû écouter Samson François.

Pour finir la soirée, la version originale de Petrouchka, dont tout tourne autour de la seule alternative possible : est-ce un ballet comme voulu à l’origine (danser sur Petrouchka ?) ou un grand poème symphonique en plusieurs parties ? Dans le cas présent, on penchera pour la deuxième solution, seul Antal Dorati ayant réussi à faire « danser » cette musique. On saluera les excellents solistes de l’orchestre bâlois, notamment les vents à l’honneur dans cette partition et la cohérence globale donnée par Russell Davies.

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Besançon. Kursaal. 13-IX-2015. Arthur Honegger (1892-1955) : Pastorale d’été. Guillaume Connesson (né en 1970) : Concerto pour violoncelle et orchestre. Robert Schumann (1810-1856) : Symphonie n°3 en mib majeur « Rhénane ». Jérôme Pernoo, violoncelle. Orchestre symphonique de Mulhouse, direction : Patrick Davin.

Théâtre Ledoux. 18-IX-2015. Guillaume Connesson : Flammenschrift. Maurice Ravel (1875-1937) : Concerto pour piano en sol majeur. Igor Stravinsky (1882-1971) ; Petrouchka. Alice Sara Ott, piano. Orchestre symphonique de Bâle, direction : Dennis Russell Davies.

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