chaux de fonds2018 728x90

Musique sacrée pour Accentus et Insula Orchestra à Aix

Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Aix-en-Provence. Grand Théâtre de Provence. 25-IX-2015. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Les Vêpres solennelles d’un confesseur, KV 339. Carl Philipp Emanuel Bach (1714-1788): Magnificat, Wq 215. Wiebke Lehmkuhl, alto. Judith Van Wanroij, soprano. Reinoud Van Mechelen, ténor. Andreas Wolf, basse. Insula Orchestra ; Accentus, direction : Laurence Equilbey.

insula_orchestra-laurence_equilbey_julien_mignot Au Grand Théâtre de Provence, et son ensemble reviennent dans un programme consacré aux œuvres religieuses du XVIIIe siècle.

Après 24 ans d’existence, ce chœur continue à nous délecter par l’originalité de son répertoire et la qualité de ses interprétations. Le concert fut dans la continuité de ce qui a précédemment été entendu en ces mêmes lieux. Un bonheur partagé si on en juge par la longue ovation réservée aux artistes à l’issu de plusieurs rappels.

Dernière œuvre liturgique que Mozart écrivit pour la cathédrale de Salzbourg, les Vêpres sont dîtes « solennelles » car elles sont soutenues par un ensemble instrumental et d’un « Confesseur » parce qu’elles célèbrent Saint Jérôme, un saint « non martyr » qui a proclamé et confessé sa foi tout au long de sa vie. Sous la direction très précise de , la partition s’incarne avec une expression magnifiée, entre profondeur et subtilité, pour en exprimer toute la puissance divine. L’articulation irréprochable des parties chorales et solistes est ainsi marquée par des ‘décrochages’ émouvants (Confitebor, Laudate Pueri) dont l’intensité dramatique ne fait qu’amplifier la beauté des tessitures notamment de la part du chœur féminin, plus en vue que les pupitres masculins. L’acoustique est probablement trompeuse car l’ensemble est d’ordinaire connu pour son homogénéité. La soprano apporte une touche de douceur dans un Laudate Dominum frappant de modernité.

La deuxième partie de soirée est consacrée au Magnificat de Carl Philipp Emanuel Bach. Jubilatoire dès les premières mesures, ce chant biblique est une synthèse entre les styles anciens et modernes. L’interprétation est enlevée mais aussi tout en souplesse grâce à une flexibilité expressive constante et un orchestre parfaitement en place qui sait maintenir un tempo soutenu. Les quatre solistes s’illustrent tour à tour présentent leur air, écrits à l’italienne. L’alto , connue pour sa virtuosité et ses rôles dramatiques, apporte une dimension lumineuse avec un velouté et une parfaite maîtrise de son timbre. Elle instaure dans le Deposuit potentes un irrésistible dialogue avec le ténor davantage en retrait dans Quia Respexit. La puissance de la basse se fait, quant à elle, entendre avec éloquence dans Fecit potentiam. Quant au final, son tissu polyphonique de haut vol séduit par la transparence de son architecture.

Le premier bis, l’Allelouia de Buxtehude, sera dédié au public puis l’Adagio du Miserere de Zelenka constituera le bis final sous la direction charismatique d’Equilbey qui en souligne l’intensité mélodique.

Crédit photographique : Julien Mignot


 

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.