Mot-clef : Wiebke Lehmkuhl

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Parsifal à Bayreuth emporté par Semyon Bychkov

Créée en 2016, la mise en scène du Parsifal d’Uwe Eric Laufenberg pour Bayreuth autour des guerres de religions au Proche-Orient laisse un scénario inabouti pour une distribution correcte mais non référente, qui demande alors de se tourner vers la fosse pour l’excellente direction de Semyon Bychkov. Le piège de Bayreuth est qu’une mise en scène, lorsqu’elle est créée, doit ensuite maintenir l’intérêt de son propos pendant quatre à sept ans. ...
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Parsifal à Bayreuth : le vœu pieu d’Uwe Eric Laufenberg

An II pour le Parsifal oecuménique mais un brin soporifique d’Uwe Eric Laufenberg. Pourtant le message à faire passer était des plus essentiels. Marek Janowski, remplaçant au pied levé Hartmut Haenchen souffrant, anime, depuis la fosse une réalisation par trop languide. « Il m’arrive de penser qu’il serait préférable qu’il n’y ait plus de religions du tout. » Cette phrase hautement troublante du Dalaï Lama en exergue du programme introduit la réflexion du ...
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Le Crépuscule des dieux à Bayreuth : le crépuscule des hommes

Le Crépuscule des dieux vu par Frank Castorf boucle en apothéose un Ring mémorable. Complexe souvent, stimulant toujours, sous haute tension intellectuelle, d’un esthétisme hypnotique, c’est le meilleur que Bayreuth a produit depuis Chéreau. Le Wotan de Castorf a créé l’homme à son image : brutal et instinctif. C’est probablement ce qu’un grand nombre de spectateurs ayant fait le pélerinage à Bayreuth n’accepte toujours pas. La gangrène Waelse a infecté Siegfried mais ...
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L’Or noir du Rhin à Bayreuth : Wotan en Amérique

En ces temps d’extrême consensualité, le Festspielhaus est un des rares endroits au monde où les huées les plus décomplexées peuvent cueillir à chaud une production. C’est ce qui arrive une fois encore au Ring pourtant virtuose de Frank Castorf qui, au bout de cinq ans, ne sera pas parvenu à convaincre (on pouvait se procurer des places cinq minutes avant le début de chaque représentation, alors que résonnait le ...
Les Maîtres-chanteurs de Bayreuth : dans la tête de Richard Wagner

Les Maîtres-chanteurs de Bayreuth : dans la tête de Richard Wagner

Très ambitieuse production sur trois époques que ces nouveaux Maîtres-chanteurs de Nuremberg confiés au génial Barrie Kosky : en sus de la lourde tâche d’ausculter la plus longue comédie musicale du monde, le metteur en scène australien fait passer un scanner au cerveau du compositeur. Pour une fois Wagner a décidé de faire rire pendant quatre heures trente. Mais pas que. Barrie Kosky fait la même chose, qui semble gagner son pari avant ...
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Daniel Harding clôture sa première saison avec la Résurrection à la Philharmonie

Après avoir dirigé les Cinquième et Dixième Symphonies de Gustav Mahler en 2016, Daniel Harding choisit de clôturer sa première saison à la tête de l’Orchestre de Paris avec la Deuxième, avant de rouvrir la suivante dès septembre par la numéro Six. La Résurrection démontre encore une fois une formation française aguerrie à cette musique, surtout lorsqu’elle trouve un directeur musical aussi précis face à elle, mais l’œuvre peine à ...
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Aux applaudissements, Grisey l’emporte sur Bruckner

Soirée de rêve à la Philharmonie de Berlin avec deux concerts consécutifs. Le premier offrait les retrouvailles de Gidon Kremer avec le Philharmonique de Berlin dans un concerto de Gubaidoulina, ainsi qu'une Messe de Bruckner dirigée par Christian Thielemann (à qui les musiciens préférèrent Kirill Petrenko pour leur nouveau directeur musical en 2015) et le second confrontait l'actuel directeur de l'orchestre, sir Simon Rattle, et la soprano Barbara Hannigan dans ...
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Très classique et consensuelle nouvelle production de Parsifal à Bayreuth

Confiée à Uwe Eric Laufenberg, la mise en scène de cette nouvelle production de Parsifal joue la carte esthétique du consensus et du compromis entre modernité et tradition. Maudit Parsifal… Pour succéder à la remarquable production Herheim/Gatti, il avait été question d'inviter le sulfureux plasticien Jonathan Meese, dont la radicalité fut jugée excessive par certains et conduisit à son éviction. Deuxième écueil : l'annonce du départ d'Andris Nelsons à ...
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La luxuriance et grandeur du Götterdämmerung de Frank Castorf

Brillante fin de parcours avec ce Götterdämmerung au plateau vocal superlatif, dirigé avec autorité par un Marek Janowski qui ne parviendra toutefois pas à faire oublier Kirill Petrenko. On a envie de voir dans le décor de ce Götterdämmerung par Aleksandar Denić, une forme d'hommage à la célèbre production Chéreau-Peduzzi de 1976. Entre le Berlin décati et lugubre de la division Est-Ouest et l'univers fin XIXe siècle lié à la révolution ...
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Bayreuth offre une Walkyrie de répertoire avec un casting renouvelé

Le changement dans la continuité : voilà à quoi se résume cette Walkyrie à l'effectif vocal profondément remanié et qui tient à la seule force de la mise en scène de Frank Castorf. Nous avions développé dans les précédentes éditions la façon dont Castorf opérait avec Walküre un retour à la racine de la malédiction du pétrole. L'impact négatif de l'or noir se lit aussi bien dans le pillage des ressources ...
Die Meistersinger von Nürnberg à Bastille : le bonheur absolu

Die Meistersinger von Nürnberg à Bastille : le bonheur absolu 

Une grande réussite de l'opéra de Paris, dont on espère de nombreuses reprises ! Le rideau se lève pendant l'ouverture sur un Richard Wagner – ou peut-être Hans Sachs – en pleine fièvre créatrice. Il se dirige ensuite vers un coin de la scène où il retrouve, ému, ses jouets d'enfant. Par un joli effet scénique, le secrétaire à cylindre sur lequel le musicien composait enfle et devient la cathédrale Sainte-Catherine du ...
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Musique sacrée pour Accentus et Insula Orchestra à Aix

Au Grand Théâtre de Provence, Laurence Equilbey et son ensemble Accentus reviennent dans un programme consacré aux œuvres religieuses du XVIIIe siècle. Après 24 ans d’existence, ce chœur continue à nous délecter par l’originalité de son répertoire et la qualité de ses interprétations. Le concert fut dans la continuité de ce qui a précédemment été entendu en ces mêmes lieux. Un bonheur partagé si on en juge par la longue ...
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A l’Opéra Bastille, une Flûte Enchantée dégoulinante de bon sentiments

On a perdu le compte. Combien de nouvelles productions de La Flûte Enchantée avons-nous vu depuis l’ouverture de l’Opéra Bastille ? Trois, si notre mémoire est bonne, plus une à l’Opéra Garnier. Celle-ci, signée Robert Carsen, paraît en tout cas faite pour durer bien plus longtemps que les éphémères précédentes. Tout est joli, sensé, voire consensuel dans cette mise en scène, qui manque pourtant de souffle et d’envergure. On se prend ...
Crédit photo Opéra National de Paris, Elisa Haberer

Dernière Journée d’un Ring retentissant à Paris

Dernière « journée » de ce projet monumental qui aura occupé Wagner pendant presque trente ans, Le Crépuscule des Dieux, refermant le cycle de l'Anneau du Niebelung dans la production de Günter Krämer, est donné à Bastille durant six représentations, juste avant le « Festival Ring 2013 » qui permettra au public d'entendre les quatre drames wagnériens comme à Bayreuth, pratiquement jour après jour, du 18 au 26 juin. Wagner met six ans pour concevoir ...
Un amour éternel, sensuel et humaniste

Un amour éternel, sensuel et humaniste

Rencontres musicales de Vézelay Theodora semble une œuvre testamentaire. Loin d’une quête de la virtuosité guerrière et triomphante, cet oratorio nous conte l’histoire de Theodora, jeune vierge préférant le martyr au nom de l’amour pur et de la fidélité en compagnie de celui qui l’aime et tente tout ce qui est possible pour la sauver. Cette œuvre où le mode mineur est celui des héros, nous montre un compositeur qui parvenu ...