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Pontoise. Festival baroque, 30e édition. 27-IX-2015. Tarquinio Merula (1595-1665) : Chaconne ; Salomone Rossi (1570-1630) : Correnta ; Claudio Monteverdi (1567-1643) : Salve Regina, Exulta filia Sion, Nigra Sum, Cantate Domnio ; Johannes Hieronymus Kapsberger (v. 1580-1651) : Ninna nana ; Andrea Falconieri (1585-1656) : Passacaglia, La suave melodia, Folias ; Alessandro Grandi (1590-1630) : O quam pulchra es ; Luigi Rossi (v. 1597-1653) : Les pleurs d’Orphée ; Giovanni Felice Sances (v. 1600-1679) : Stabat Mater. Claire Lefilliâtre, soprano ; Ophélie Gaillard, violoncelle et direction ; Domitille Gilon, violon ; Atushi Sakaï, dessus et basse de viole ; Brice Sailly, clavecin et orgue.

image_zoom_36 et l’ensemble Pulcinella d’ clôturent le Festival baroque de Pontoise par un programme centré sur Marie d’après l’œuvre de Rainer Maria Rilke. Un programme quasi céleste, tout en contrastes de couleurs et d’émotions.

« Pour comprendre comment elle était alors tu dois évoquer d’abord un lieu où les colonnes en toi s’élèvent, des marches se sentent sous les pas, des arches vertigineuses enjambent l’abîme d’un espace qui en toi est resté… » (Rainer Maria Rilke – la Vie de Marie, 1912).
Dans les Évangiles, Marie, Mère du Christ-Sauveur, est la femme bénie entre toutes, un abîme de profondeur et d’amour, un lien privilégié entre Dieu et les hommes. Par la richesse de ses dons et de ses missions, elle est un personnage résolument baroque, une source d’inspiration infinie pour les artistes amoureux de contrastes et d’extrêmes. Les premiers compositeurs baroques ont su, mieux que personne, célébrer la pureté et les nuances infinies de celle qu’on a surnommée le diamant de femme. Pour clôturer le Festival baroque de Pontoise, et l’ensemble Pulcinella proposent un portrait en musique de Marie, de sa naissance miraculeuse à son assomption, initié à la lecture de l’œuvre de Rainer Maria Rilke, et centré sur la musique baroque du début du XVIIe siècle.

Écrit pour deux dessus, le Salve Regina de Monteverdi est ici interprété à un dessus et accompagnement de l’ensemble. L’on regrette un peu les jeux sonores, les effets d’écho inhérents à la polyphonie de la version originale, qu’un ensemble, aussi « chantant » soit-il, a peine à restituer. Mais la voix de Claire Lefilliâtre a tous les atouts pour donner à comprendre les charmes de Marie ; le projeté de sa voix, précis, direct, presque sans vibrato, annonce dans une grande force émotionnelle toute la puissance du mystère de la Vierge. Le sublime Exulta filia Sion dépeint la femme en gloire dans une musique ascendante, comme orientée vers le Ciel. L’agilité vocale et la fluide dynamique de l’ensemble nous porte sur les hauteurs, jusqu’à la pyrotechnie finale de l’Alleluia. L’Ancien Testament annonçait déjà la gloire de Marie lorsque dans le Cantique des cantiques, l’époux s’adresse à l’épouse choisie de toute éternité. C’est ici la chaleur du timbre et la tendresse de Claire Lefilliâtre qui nimbent O quam pulchra es d’, ou le Nigra Sum de Monteverdi. Enfin, le courage, la force de Marie est palpable dans le Stabat Mater de Sances, remarquablement interprété par tous, dans une sombre intensité allant crescendo. L’ensemble Pulcinella est un formidable partenaire, au jeu fluide, bondissant. Le plaisir du jeu en commun est toujours aussi palpable.

Crédit photographique : Claire Lefilliâtre © Sébastien Brohier

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Pontoise. Festival baroque, 30e édition. 27-IX-2015. Tarquinio Merula (1595-1665) : Chaconne ; Salomone Rossi (1570-1630) : Correnta ; Claudio Monteverdi (1567-1643) : Salve Regina, Exulta filia Sion, Nigra Sum, Cantate Domnio ; Johannes Hieronymus Kapsberger (v. 1580-1651) : Ninna nana ; Andrea Falconieri (1585-1656) : Passacaglia, La suave melodia, Folias ; Alessandro Grandi (1590-1630) : O quam pulchra es ; Luigi Rossi (v. 1597-1653) : Les pleurs d’Orphée ; Giovanni Felice Sances (v. 1600-1679) : Stabat Mater. Claire Lefilliâtre, soprano ; Ophélie Gaillard, violoncelle et direction ; Domitille Gilon, violon ; Atushi Sakaï, dessus et basse de viole ; Brice Sailly, clavecin et orgue.

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