Nouvelle version du Paradis et la Péri de Schumann

À emporter, CD, Opéra

Robert Schumann (1810-1856) : Das Paradies und die Peri, oratorio en trois parties pour solistes, chœur et orchestre, d’après le poème Lalla Rookh de Thomas Moore. Avec : Sally Matthews, La Péri ; Mark Padmore, Récitant et tenor 1 ; Kate Royal, La jeune fille et soprano 2 ; Bernarda Fink, L’Ange, mezzo-soprano, alto ; Andrew Staples, Le jeune homme, ténor 2 ; Florian Boesch, L’Homme, Gazna ; Guildhall Quartet (Bianca Andrew, Francesca Chiejina, Emily Kyte, Elizabeth Skinner). London Symphony Chorus (chef des chœurs : Simon Halsey). London Symphony Orchestra, direction : Sir Simon Rattle. 2 CD & 1 Blu-ray disc. LSO Live. LSO0782. Code-barre : 822231 178224. Enregistré au Barbican de Londres le 11 janvier 2015. Notice de présentation trilingue (anglais, français et allemand). Durée : 51’26’’ et 36’37’’ (CD) ; 88’03’’ (Blu-ray disc).

 

PeriLes concerts donnés en début d’année par et le avaient enchanté le public. L’enregistrement discographique qui en résulte confirme la qualité exceptionnelle de cette belle interprétation.

Reflet d’une série de concerts donnés en janvier 2015 à Londres et à Luxembourg, ce CD pourra se hisser sans problème au sommet d’une discographie curieusement assez peu fournie. Des gravures conduites autrefois par Sinopoli, Gardiner, Harnoncourt ou Armin Jordan, seule l’ancienne version dirigée par Henryk Szyz, avec en solistes Edda Moser, Nicolaï Gedda et Brigitte Fassbaender, s’était durablement maintenue dans les rayons de nos disquaires. On aura en tout cas rarement entendu une exécution aussi soignée, dans laquelle aucun maillon faible n’est à déplorer. Ni dans le Guildhall Quartet, réservoir de talents prometteurs, ni dans les rôles secondaires luxueusement distribués pour l’occasion. On y saluera notamment la touchante humanité du baryton-basse , la ligne cristalline d’une royale ou encore l’émouvante candeur du ténor . De , on louera avant tout l’impeccable musicalité, tout en regrettant l’usure irrémédiable de l’instrument. Ce défaut affecte également, du moins au disque, la prestation du ténor Mark Padmore, pourtant sans rival dans son art consommé de la narration. En Péri, l’incandescente crève le sillon, tout comme elle brûlait les planches au concert. Sa voix longue et souple, dotée d’un léger grelot, sait insuffler à chacun de ses mots la couleur idoine. Autour de tels joyaux, le et le constituent le plus bel écrin. Si le chœur a peut-être encore quelques progrès à faire au niveau de la variété dynamique, le plus vieux des grands orchestres londoniens, sous la baguette analytique et presque antiromantique de , donne de la partition une lecture plus tonique qu’éthérée, qui se démarque de l’excès de sentimentalité de certaines gravures antérieures. Nul doute que cette nouvelle version saura rallier tous les auditeurs soucieux de réentendre une partition injustement négligée.

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