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Vincent Larderet honore Ravel et Schmitt

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Maurice Ravel (1875-1937) : Concerto pour piano pour la main gauche en ré majeur ; Concerto pour piano en sol majeur. Florent Schmitt (1870-1958) : « J’entends dans le lointain… » (version pour piano et orchestre, premier enregistrement mondial). Vincent Larderet, piano. Orchestre Symphonique OSE, direction : Daniel Kawka. 1 SACD ARS Produktion ARS38178. Code barre : 4260052381786. Enregistré du 23 au 27 février 2015 à l’auditorium Messiaen de Grenoble. DSD. Notices trilingues (allemand, français, anglais) excellentes (Michel Fleury). Durée : 53’45.

 

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KF_booklet druck SACD-02-04En février 2015, pour les 140 ans de la naissance de (1875-1937), Ars Produktion a enregistré avec le remarquable pianiste français et l’Orchestre OSE de les deux concertos pour piano de Ravel, devançant ainsi la version Deutsche Grammophon d’avril 2015 mettant en vedette la jeune pianiste star chinoise .

D’abord le programme des deux réalisations est différent et sera déterminant pour le choix du discophile : entre les deux concertos de Ravel, intercale la Ballade en fa dièse majeur op. 19 de Fauré dans sa version originale pour piano solo, tandis que nous propose une rareté en première mondiale : J’entends dans le lointain… de , dans sa version pour piano et orchestre de 1929, c’est-à-dire contemporaine des concertos de Ravel.

La Chine nous a habitués au pianisme décomplexé des Lang Lang et autres Yuja Wang, cette dernière s’appropriant les concertos de Ravel avec une technique éblouissante et sans faille, ne s’embarrassant aucunement de considérations autres qu’une interprétation directe et solide, donnant à la longue une impression de mécanique bien huilée mais quelque peu superficielle. Vincent Larderet a choisi une démarche plus introspective, et après un très réussi premier disque consacré au piano solo de Ravel en novembre 2013 (ARS38146) où son principal souci est la fidélité, non seulement au texte, mais d’abord à l’esprit des œuvres, le voici face aux deux concertos du compositeur basque, épaulé par la superbe complicité de et son Orchestre OSE, avec cette même démarche d’absolue honnêteté musicale. Vincent Larderet est lié à Ravel par son professeur Carlos Cebro, lui-même disciple de qui en 1927 travailla avec Ravel son œuvre pour piano. Tandis que Daniel Kawka respectait enfin le désir de Ravel concernant les effectifs orchestraux, dévoilant ainsi une transparence et des détails rarement perçus, Vincent Larderet se conformait aux corrections effectuées par des fautes d’éditions aux parties de piano des deux concertos. Fidélité au texte et à l’esprit. Résultat : version surclassant aisément ses devancières, malgré les qualités indéniables de beaucoup d’entre elles.

Un intérêt supplémentaire du disque Larderet est de nous faire découvrir en première mondiale la version piano et orchestre (1929) de J’entends dans le lointain… de , initialement pour piano solo. Vincent Larderet est un familier de l’œuvre pour piano de , puisqu’il en avait déjà enregistré un remarquable CD Naxos (8572194) contenant entre autres le triptyque pour piano Ombres op. 64 (1917), dont le premier volet est précisément J’entends dans le lointain… Tout comme pour Ravel, les affinités de Vincent Larderet pour l’œuvre de Schmitt sont évidentes, et lui et ses compagnons musiciens, Daniel Kawka et l’Orchestre OSE, nous en donnent une interprétation exhaustive au lyrisme bouleversant, certainement inspirée par les circonstances de la composition : écrite en pleine tourmente, l’œuvre porte en exergue une citation des Chants de Maldoror de Lautréamont : « J’entends dans le lointain des cris prolongés de la douleur la plus poignante. » Voilà donc un disque nécessaire qui démontre que l’authenticité n’est pas uniquement l’apanage des baroqueux…

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Maurice Ravel (1875-1937) : Concerto pour piano pour la main gauche en ré majeur ; Concerto pour piano en sol majeur. Florent Schmitt (1870-1958) : « J’entends dans le lointain… » (version pour piano et orchestre, premier enregistrement mondial). Vincent Larderet, piano. Orchestre Symphonique OSE, direction : Daniel Kawka. 1 SACD ARS Produktion ARS38178. Code barre : 4260052381786. Enregistré du 23 au 27 février 2015 à l’auditorium Messiaen de Grenoble. DSD. Notices trilingues (allemand, français, anglais) excellentes (Michel Fleury). Durée : 53’45.

 
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