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Un choc des titans réussi avec l’ONDIF

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Paris. Philharmonie de Paris. 09-II-2016. Ludvig van Beethoven (1770-1827) : Concerto pour piano nº 2 ; Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie no 1 en ré majeur. Cédric Tiberghien, piano ; Orchestre National d’Île de France, direction : Enrique Mazzola.

 Cédric TiberghienC’est un Orchestre National d’Île-de-France visiblement heureux de jouer qui a pris possession de la Philharmonie de Paris sous la baguette de pour confronter deux « titans » de la musique romantique.

Le programme s’ouvre avec  au piano interprétant le Concerto pour piano n° 2 de Ludwig van Beethoven. Cette collaboration entre le pianiste, l’ONDIF et  n’est pas une première, puisqu’elle s’inscrit dans le cadre d’un cycle intégral des concertos pour piano de Beethoven entamé il y a trois ans. On a donc pu apprécier une belle entente entre l’orchestre et le soliste, déployant tous deux à la fois justesse, puissance et énergie.

L’œuvre, souvent présentée comme un moment charnière d’une évolution de Beethoven vers un style plus personnel, « héroïque » et « martial », garde pourtant une forte identité classique et mozartienne de par son rythme vif et sautillant, notamment dans le rondo final. , brillant et investi, a su conserver ces deux aspects dans une interprétation tout à la fois nuancée, dynamique et puissante, répondant aux thèmes présentés par un orchestre impliqué et très présent.

Le public est déjà conquis lorsque le pianiste revient pour interpréter en bis les quatre derniers Préludes op. 28 de Chopin, dans une suite cohérente et ininterrompue : un rappel impressionnant et ravissant ! Un premier concert à la Philharmonie réussi pour ce musicien au jeu raffiné, rempli d’équilibre et de maîtrise.

La deuxième partie laisse place à la Symphonie n° 1 en ré majeur de Gustav Mahler, dite aussi « Titan ». Sous la baguette d’Enrique Mazzola, la puissance et la force orchestrale sont présentes tout le long de l’exécution, avec peut-être comme point d’orgue l’emblématique troisième mouvement et sa lourde marche funèbre entrecoupée de danses étranges.

Sur les passages les plus enjoués, on croit déceler une tendance à jouer légèrement au fond du temps, sans doute délibérée. La vélocité n’est pas la caractéristique de cette symphonie : l’ONDIF et Enrique Mazzola ont de toute évidence préféré mettre l’accent sur la sonorité, les détails dont l’œuvre fourmille et une progression dramatique qui donnera au mouvement final tout son effet triomphant.

Une traversée du romantisme allemand réussie pour l’orchestre francilien, en pleine forme malgré les coupes budgétaires qu’il a du affronter ces dernières années. La salle était comble, montrant la capacité de la formation à fidéliser un large public : nul doute que la Philharmonie et son acoustique impeccable continuera d’être pour elle un terrain de jeu bénéfique et mérité.

Crédit photographique : Cédric Tiberghien © JB. Millot

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Paris. Philharmonie de Paris. 09-II-2016. Ludvig van Beethoven (1770-1827) : Concerto pour piano nº 2 ; Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie no 1 en ré majeur. Cédric Tiberghien, piano ; Orchestre National d’Île de France, direction : Enrique Mazzola.

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