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Paris. Synagogue Copernic. 17-II-2016. Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Quatuor n°8. Olivier Greif (1950-2000) : Quatuor n°4 « Ulysses ». Quatuor Copernic : Amaury Coeytaux, premier violon ; Maud Lovett, second violon ; Marie Chilemme, alto ; Victor Julien-Laferrière, violoncelle.

greif_Amoyel 2A l’occasion du 40ème anniversaire de la mort de , le Collège des Bernardins et l’ULIF (Union libérale Israélite de France) ont proposé un hommage en deux temps au compositeur. Après le premier volet avec Emmanuelle Bertrand et Pascal Amoyel qui reliait le compositeur russe et la musique romantique, le second soulignait les liens entre lui, et la musique juive.

À l’heure où les constructeurs de murs font davantage l’actualité que les constructeurs de ponts, l’initiative du Collège des Bernardins et de l’ULIF de célébrer conjointement la mémoire de Chostakovitch était particulièrement bienvenue, car elle était un geste concret de rapprochement par la musique avec l’art et l’histoire du peuple juif.

avait expliqué l’emploi (courageux) de thèmes juifs dans sa musique (Trio n°2, Quatuor n°8, De la poésie populaire juive, Symphonie n°13 Babi Yar) par le simple fait qu’il comptait beaucoup de juifs parmi ses amis. , né en France de parents juifs polonais rescapés des camps d’extermination, s’était éloigné de la religion de ses ancêtres et de sa vocation de compositeur au profit d’un homme en qui il avait vu un maître en sagesse orientale. Ce n’est que sur le tard, notamment dans le Quatuor n° 4 « Ulysses », créé un mois avant son décès inattendu en mai 2000, que Greif tissa de nouveau le lien avec ses origines en insérant dans ses œuvres des motifs musicaux juifs. Dans le Quatuor Ulysses, le dernier mouvement se conclut par un kaddish (prière sanctifiant le nom divin, souvent associé aux endeuillés) venu de Strasbourg.

Le , formé en 2010, est un ensemble composé de musiciens ayant leur propre parcours professionnel, ainsi est super-soliste de l’Orchestre Philharmonique de Radio France et le jeune violoncelliste , né en 1990, vient de rejoindre cette formation. Ils donnent des deux œuvres une interprétation vive et haute en couleur, où la caractérisation des différents climats est privilégiée à leur unité.

Le célébrissime Quatuor n° 8 de Chostakovitch résiste bien à cette approche lyrique et illustrative, l’équilibre étant plus difficile à atteindre dans le Quatuor n° 4 « Ulysses » vaste partition de 50 minutes aux climats et aux rythmes extrêmement variés, qui va de la musique élisabéthaine à la liturgie juive, et qui est déroutante par sa variété même sur une aussi longue durée. Comme un tableau qui peut fourmiller de détails, ce Quatuor Ulysses gagnera sans doute à être vu avec davantage de recul, notamment dans le temps. Une quinzaine d’années après sa création (enregistré par l’Ensemble Syntonia, 1 CD Triton), on est happé par chaque mouvement interprété avec beaucoup d’engagement par le , mais la vision d’ensemble reste plus difficile à saisir. Le pont avec l’œuvre de Greif est construit, mais il reste encore du chemin pour le traverser.

A lire : Olivier Greif : le rêve du monde de Brigitte François-Sappey et Jean-Michel Nectoux (Aedam Musicae, 2013), ouvrage collectif qui cerne bien au travers de témoignages et d’analyses le parcours de Greif, son attachement à l’impact émotionnel, et sa recherche à embrasser le monde dans sa musique.

Crédit photographique : © Anne Bramard Blagny

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Paris. Synagogue Copernic. 17-II-2016. Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Quatuor n°8. Olivier Greif (1950-2000) : Quatuor n°4 « Ulysses ». Quatuor Copernic : Amaury Coeytaux, premier violon ; Maud Lovett, second violon ; Marie Chilemme, alto ; Victor Julien-Laferrière, violoncelle.

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