La Scène, Opéra, Opéras

L’excellent Don Giovanni de François-Xavier Roth et Jean-Sébastien Bou

Plus de détails

Cologne. Staatenhaus. 18-III-2016. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Don Giovanni, dramma giocoso en 2 actes sur un livret de Lorenzo da Ponte. Mise en scène : Emmanuelle Bastet. Décors et costumes : Tim Northam. Lumières : François Thouret. Avec : Jean-Sébastien Bou, Don Giovanni ; Avtandil Kaspeli, le Commandeur ; Tareq Nazmi, Leporello ; Vannina Santoni, Donna Anna ; Julien Behr, Don Ottavio ; Andreea Soaree, Donna Elvira ; Lucas Singer, Masetto ; Aoife Miskelly, Zerlina. Chœur de l’Opéra de Cologne, Gürzenich-Orchester Köln, direction : François-Xavier Roth.

1, , , – c’est un Don Giovanni très français que l’Opéra de Cologne montre en ce mois de mars. Si la partie musicale est globalement réussie, la mise en scène soulève bien des questions.

Il neige à Séville. Un homme, vêtu tout de noir, est assis devant un bureau. Il sirote du whisky, il s’allume une cigarette. A quoi pense-t-il ? C’est une question d’importance car tout ce qui suit, naît, semble-t-il, dans sa tête. Est-ce un souvenir cruel ? Un rêve à yeux ouverts ? Un cauchemar ? Nous ne le saurons pas.

C’est un Don Giovanni froid et sombre qu’ a mis en scène à l’Opéra de Cologne. Le rire est banni et le réalisme aussi. Pas de noces donc pour Zerlina et Masetto, mais une bataille à boules de neige. Pas de masques pour les trois vengeurs qui se présentent le visage découvert au bal de Don Giovanni. Exit aussi le cimetière et la statue du Commandeur, le festin de pierre faisant son entrée dans la fosse d’orchestre. Reste la fascinante scénographie imaginée par Tim Northam, composée d’un ensemble de barres et de cages se refermant de plus en plus autour de Don Giovanni.

Celui trouve en un interprète de premier ordre. Très crédible scéniquement, il exhibe une voix à mille facettes, tour à tour puissante ou caressante, héroïque ou lyrique. Sur scène tout au long de la soirée, il ne connaît pas un moment de faiblesse. A ses côtés, Tareq Nazmi campe un Leporello non moins impressionnant. Belle voix ronde, à l’aise sur toute la tessiture, il incarne un valet complice bien peu sympathique. Ottavio très viril, un rien en difficulté dans les lyrismes du premier air, se rachète par un magnifique « Il moi tesoro ». L’impressionnant Commandeur d’Avtandil Kaspeli, d’une puissance vraiment angoissante, et l’excellent Masetto de Lucas Singer complètent le beau tableau masculin.

Côté femmes, on est un peu moins gâté. Très émouvante Donna Anna, notamment dans son deuxième air, la voix de n’est pas exempte de stridences. Plus métallique encore, l’Elvira trop uniforme d’Andreea Soaree nous fait regretter la défection de pour cause de santé. Superbe en revanche la Zerlina juvénile, au timbre cristallin, d’Aoife Miskelly.

Dans la fosse, dirige un Mozart historiquement informé : point de vibrato pour les cordes, voire des instruments historiques dans la section des vents. Rien n’est laissé au hasard, l’orchestre ne se bornant à aucun moment à seulement accompagner les chanteurs. Chaque instrument est important, chaque phrase a du sens. Et pourtant, l’architecture est préservée et la tension ne baisse à aucun moment. Une performance magistrale !

Crédit photographique : Jean-Sébastian Bou © Bernd Uhlig

Plus de détails

Cologne. Staatenhaus. 18-III-2016. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Don Giovanni, dramma giocoso en 2 actes sur un livret de Lorenzo da Ponte. Mise en scène : Emmanuelle Bastet. Décors et costumes : Tim Northam. Lumières : François Thouret. Avec : Jean-Sébastien Bou, Don Giovanni ; Avtandil Kaspeli, le Commandeur ; Tareq Nazmi, Leporello ; Vannina Santoni, Donna Anna ; Julien Behr, Don Ottavio ; Andreea Soaree, Donna Elvira ; Lucas Singer, Masetto ; Aoife Miskelly, Zerlina. Chœur de l’Opéra de Cologne, Gürzenich-Orchester Köln, direction : François-Xavier Roth.

Mots-clefs de cet article

Banniere-clefdor1-aveclogo

Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.