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Pas de Dieux et Soir de fête par le Ballet Nice Méditerranée

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Pas de Dieux. Musique: George Gershwin, Concerto en fa pour piano et orchestre. Chorégraphie: Claude Bessy, d’après Gene Kelly. Avec la participation d’Eric Vu-An. Création des décors et costumes: André François. Création des lumières: Patrick Méeüs. Dans le rôle d’Aphrodite: Marie-Astrid Casinelli, Zeus: Claude Gamba, Eros: Medhi Angot, Maître nageur: Cesar Rubio Sancho.
Soir de fête. Musique: Léo Delibes. Chorégraphie: Léo Staats, réglée par Eric Vu-An. Création des décors et costumes: Jean-Denis Malclès. Création des lumières: Patrick Méeüs. Avec les solistes: Gaëla Pujol, Cesar Rubio Sancho, Medhi Angot. Et les danseurs du Ballet Nice Méditerranée. Orchestre Philharmonique de Nice. Direction musicale: David Garforth.
DVD Bel Air classiques 2016; filmé à l’Opéra de Nice Côte d’Azur en décembre 2014.

 

pas de dieux soir de feteDu jazz de au classicisme de , le Ballet Nice Méditerranée propose, avec Pas de Dieux/Soir de fête, un voyage  divertissant à travers l’histoire de la danse.

Dirigé depuis 2009 par Eric Vu-An, ancien danseur de l’Opéra de Paris, le Ballet Nice Méditerranée propose une programmation variée, alternant des pièces des répertoires classique et contemporain. Néanmoins, le niveau technique de la troupe reste globalement en-deçà de l’ambition artistique de son directeur.

Dans le style délicieusement kitsch des comédies musicales hollywoodiennes des années 1960, Pas de Dieux, ballet chorégraphié par Gene Kelly, met en scène Aphrodite et Eros qui, pour tromper un ennui tout Olympien, se plaisent à descendre sur Terre éprouver les péripéties de la vie des mortels. Sur Terre, oui mais pas n’importe où: à Paris, ville de l’amour et de la joie de vivre, idéalisée dans Un Américain à Paris.
L’intrigue, légère et sans grande consistance, est surtout prétexte à un ballet joyeux, mêlant des duos classiques à des ensembles très jazzy, sur la musique endiablée de .

Le corps de ballet déploie l’entrain nécessaire pour rendre les ensembles rythmés et captivants, mais les solistes n’éblouissent ni par leur technique, ni par leur interprétation. Espiègle et mutine, Marie-Astrid Casinelli campe une Aphrodite un peu naïve et superficielle. Claude Gamba parvient à traduire le ridicule du personnage de Zeus mais il lui manque la maturité et l’aplomb nécessaires pour ne pas en faire une simple caricature. En somme, le personnage le plus crédible n’est autre qu’Eric Vu-An, qui apparaît (trop) brièvement dans le rôle du voyou. A la manière des combats mis en scène par Jérôme Robbins dans West side story, il affronte Zeus qui vient sonner la fin de la récréation et récupérer sa déesse volage. Vu-An allie intensité de l’interprétation, précision technique et présence scénique, qualités qui manquent malheureusement en grande partie aux solistes.

Un ballet tout droit sorti d’un poème de Verlaine

Changement complet d’atmosphère et de style avec Soir de fête de Léo Staats. Ce ballet rose bonbon et crème chantilly qui incarne une certaine technique classique « Opéra de Paris », a été créé en 1925 en réaction au modernisme des Ballets russes de Diaghilev. Ballet sans autre intrigue que l’envie de danser par un beau soir d’été dans une société mondaine rêvée et intemporelle, il semble avoir été conçu pour illustrer ces vers du poème Clair de Lune, extrait des Fêtes galantes de Verlaine: « Votre âme est un paysage choisi/ Que vont chantant masques et bergamasques/ Jouant du luth et dansant et quasi/ Tristes sous leurs déguisements fantasques ». Point de tristesse dans Soir de fête mais plutôt un soupçon de nostalgie qui transparaît lorsque la musique  de se fait plus tendre.

La question se pose de savoir ce que ce chef-d’œuvre d’académisme a encore à nous dire aujourd’hui. Si l’on ne veut pas le considérer uniquement comme un morceau d’anthologie, il faut l’envisager comme une parenthèse enchantée, où la grâce et la légèreté des danseurs nous transportent. Mais ici justement, les difficultés techniques apparaissent … difficiles à exécuter. Le manque de fluidité, d’envol et de dextérité rend l’ensemble un peu poussif et le gâteau à la crème lourd à digérer. Si ce n’était le plaisir d’écouter la musique de Delibes, dont chaque mouvement résonne comme un tube, l’ennui risquerait de s’installer.

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Pas de Dieux. Musique: George Gershwin, Concerto en fa pour piano et orchestre. Chorégraphie: Claude Bessy, d’après Gene Kelly. Avec la participation d’Eric Vu-An. Création des décors et costumes: André François. Création des lumières: Patrick Méeüs. Dans le rôle d’Aphrodite: Marie-Astrid Casinelli, Zeus: Claude Gamba, Eros: Medhi Angot, Maître nageur: Cesar Rubio Sancho.
Soir de fête. Musique: Léo Delibes. Chorégraphie: Léo Staats, réglée par Eric Vu-An. Création des décors et costumes: Jean-Denis Malclès. Création des lumières: Patrick Méeüs. Avec les solistes: Gaëla Pujol, Cesar Rubio Sancho, Medhi Angot. Et les danseurs du Ballet Nice Méditerranée. Orchestre Philharmonique de Nice. Direction musicale: David Garforth.
DVD Bel Air classiques 2016; filmé à l’Opéra de Nice Côte d’Azur en décembre 2014.

 
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  • Louis-Marie Soudain

    Oui d’accord, mais pour commencer le discussion, je souhaiterais bien voir la vidéo: c’est le minimum ! Ah, on me dit que je n’ai rien compris. A bientôt.

  • Je ne partage pas la sévérité de cette revue sur la première partie (Pas de Dieux, ballet de Gene Kelly sur le Cto en fa pour piano de Gershwin) et encore moins sur la deuxième (Soir de fête, ballet de Léo Staats sur musique de Léo Delibes).
    D’abord je regrette le parti-pris pour tout ce qui est « moderne » et contre tout ce qui ne l’est pas. Pour moi Mozart n’est pas plus mauvais que Kev Adams rien que parce qu’il est plus ancien.
    Ensuite je regrette la focalisation à mon avis trop personnelle sur une proximité subjectivement ressentie avec un certain poème de Verlaine.
    Pour moi ce spectacle de 2014 est de bonne qualité d’un bout à l’autre.
    Dans Pas de Dieux le modernisme (pour tenir compte de la focalisation sur « académisme » vs « modernisme ») reste modéré et justifié, autant dans la musique, que dans les décors, costumes, et chorégraphie. La pièce recourt abondamment à l’exposition de jeunes femmes « sexy » et court-vêtues, mais étant sans excès par rapport aux canons d’aujourd’hui, cela reste joli et agréable. Et le Cto en fa est pour moi parmi les bonnes oeuvres de Gershwin.
    Dans Soir de fête je ne trouve aucun « chef-d’œuvre d’académisme » mais une pièce jolie et agréable à regarder parce que jouée avec soin et précision. Les décors, costumes et choré y sont même particulièrement jolis, bien exécuté, agréables d’un bout à l’autre. La musique est parfaitement jouée, traitée et retransmise. Bien d’accord au passage avec votre compliment implicite à la musique de Delibes, à mon avis et sans surprise encore meilleure que le Cto en fa. Il serait utile à mon avis de préciser, si c’est possible, le nom de cette musique, ou bien si elle a été écrite exprès pour ce ballet.
    Merci beaucoup à France 3 de nous avoir gâtés en rediffusant ce spectacle (Sun 20 Jan 2019 00:37 à 01:46 GMT+1), ainsi qu’à tous ceux qui y ont mis leur coeur, leur intelligence et leur travail (orchestres, ballets, techniciens lumière, vidéo et audio, etc)
    Versailles, Mon 21 Jan 2019 00:32:10 +0100

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