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L’exil de Napoléon en musique et en paroles aux Invalides

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Paris. Invalides. Grand salon. 6-VI-2016. Œuvres de Mauro Giuliani (1781-1829), Johann Kaspar Mertz (1806-1856), Robert Schumann (1810-1856), Niccolò Paganini (1782-1840), Franz Schubert (1797-1828) et François de Fossa (1775-1849). Emmanuel Rossfelder, guitare ; François Salque, violoncelle ; Svetlin Roussev, violon ; Marie-Christine Barrault, récitante.

3b29ea_3328d7e8b0ba4a5fb01b639f173ca96aDeuxième concert d’une série de trois au musée de l’Armée aux Invalides pour accompagner l’exposition sur l’exil de Napoléon à Sainte-Hélène. , et alternent avec des textes dits par , pour faire revivre l’abdication et l’exil en 1815, la mort en 1821 et le rapatriement du corps en 1840.

En ce temps-là, le classicisme jetait ses derniers feux, et les continuateurs de Mozart et Haydn s’appelaient Giuliani, Fossa, ou encore Paganini qui faisait le bonheur des cours européennes. En ce temps-là, le romantisme en musique gagnait les salons, notamment avec Schubert et Schumann. En ce temps-là, les écrivains s’emparaient de la légende napoléonienne, pour la chanter en poésie tel Lamartine, pour célébrer l’Histoire de son temps tel Chateaubriand, pour brosser des personnages pittoresques tel Balzac, ou encore pour simplement témoigner pour la postérité tel Marchand, valet de chambre de l’empereur déchu. En ce temps-là, la mémoire de Napoléon commençait à se construire.

C’est tout cela que donnent à entendre les musiciens et la comédienne, avec pour fil rouge musical la guitare classique, instrument qu’on entend trop peu en concert malgré la nombreuse littérature qui lui est consacrée. Hormis deux Caprices de Paganini, que en bon virtuose exécute brillamment, la guitare d’ est présente partout : en transcription du piano pour Schumann et Schubert (premier mouvement de la sonate Arpeggione), mais surtout en instrument original pour la sonate pour violon et guitare de Giuliani, pour les solos de Mertz, très beaux et très élaborés (notamment la Fantaisie hongroise, où la virtuosité est mise au service d’un lyrisme débordant et d’une variation de tons rappelant Liszt) et pour l’Allegro de la sonate de Fossa. Cette dernière, œuvre d’un Français, militaire au service de l’Espagne pendant la Révolution et l’Empire et installé en France sous la Restauration, mais aussi compositeur et théoricien de la guitare, rassemble enfin les trois musiciens pour un final plein de joie et d’entrain. De manière générale, la technique époustouflante d’Emmanuel Rossfelder en particulier à la main droite, la justesse dans l’engagement de Svetlin Roussev et le son très pur de font merveille, dans une atmosphère plutôt intimiste.

dit les textes sur Napoléon avec beaucoup de conviction. La sonorisation mal réglée rend au début certains mots peu compréhensibles, mais la comédienne, avec beaucoup de métier, parvient à adapter ses intonations. On ne saisit pas toujours la correspondance entre les textes et la musique, d’autant plus en l’absence de note d’intention : si le lied de Schumann sur un texte traduit de Chateaubriand Auf einer Burg (adapté pour violoncelle et guitare) se lie de manière évidente avec les textes de Chateaubriand qui l’encadrent sur la mort et l’exhumation de Napoléon (le lied parle d’un chevalier mort et pétrifié), on peine à comprendre la relation entre Mertz et Balzac ou Lamartine. Mais l’ensemble a au moins le mérite de recréer une ambiance, en mettant en parallèle textes et musiques d’une même époque.

Crédits photographiques : Emmanuel Rossfelder © Xavibes

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Paris. Invalides. Grand salon. 6-VI-2016. Œuvres de Mauro Giuliani (1781-1829), Johann Kaspar Mertz (1806-1856), Robert Schumann (1810-1856), Niccolò Paganini (1782-1840), Franz Schubert (1797-1828) et François de Fossa (1775-1849). Emmanuel Rossfelder, guitare ; François Salque, violoncelle ; Svetlin Roussev, violon ; Marie-Christine Barrault, récitante.

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