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A Genève, le métier de Thomas Hampson

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Genève. Opéra des Nations. 13-IX-2016. Robert Schumann (1810-1856) : Dichterliebe op. 48, Dein Angesicht op. 127/2, Lehn deine Wang’ op.142/2, Es leuchtet meine Liebe op.127/3, Mein Wagen rollet op. 142/4. Gustav Mahler (1860-1911) : Erinnerung (1890), Ich ging mit Lust (1890), Aus ! Aus ! (1892), Nicht Wiedersehen ! (1892), Der Schildwache Nachtlied (1892), Lied des Verfolgten im Turm (1892), Das irdische Leben (1892), Das himmlische Leben (1892), Urlicht (1896), Liebst du um Schönheit (1901), . Thomas Hampson (baryton), Wolfram Rieger (piano)

thomas_hampson-01Au lendemain de la tapageuse production de Manon de Massenet au Grand Théâtre de Genève, le baryton revenait dans la cité de Calvin après plus de quinze ans d’absence pour un récital qu’il a donné avec grande noblesse malgré les rides de son instrument.

Après plus de trente ans de scène, le métier conseille la prudence. Surtout lorsqu’on est, comme , un artiste reconnu et célèbre dans le monde entier. Ainsi, son récital genevois est un remarquable condensé de ce que l’expérience enseigne à qui se doit de durer.

Dans ce Dichterliebe originel de Schumann, d’emblée la clarté de la diction du baryton frappe l’auditeur. Chaque mot est admirablement prononcé, chaque syllabe découpée. On se dit que l’expérience va parler. Ou plutôt va chanter. Certes, le chant est là mais la voix reste sans grandes couleurs. Les tons bronzés qu’on connaissait à Thomas Hampson se sont ternis et teintés de gris. Les aigus serrent. Les fins de phrases n’ont plus l’ampleur, le legato, le vibrato d’antan. Comme il contrôle admirablement sa diction, le baryton américain surveille sa voix. Une surveillance qui le met à l’abri d’un faux pas mais qui freine son expression artistique. Le temps a passé et nous sommes loin du baryton glorieux du Dichterliebe qu’il offrait en 1993 ! Les strophes s’enchaînent dans une suite de chants lisses et sans grand intérêt artistique. Tout au plus relève-t-on une majeure autorité dans son Ich grolle nicht et une belle sensibilité affirmée dans Ich hab’ im Traum geweinet.

En deuxième partie, Thomas Hampson offre une belle présence dans ses interprétations des chants extraits du Des Knaben Wunderhorn de . Semblant plus à l’aise dans ces mélodies dont il s’est fait le spécialiste depuis de nombreuses années, Thomas Hampson s’avère plus captivant que dans la première partie de son récital. Il apparait plus libéré. Une libération qu’on ressent majoritairement dans Das himmlische Leben et Urlicht, les deux ultimes chants de son récital. Là, il laisse partir sa voix qui retrouve les harmoniques chatoyantes d’un Thomas Hampson qu’on n’aurait jamais voulu perdre.

Un récital qui n’aurait été qu’honnête sans le superbe piano de , complice de longue date du baryton américain. Quel art de l’accompagnement ! Quel toucher de clavier ! Quelle musicalité extrême ! Tout au long de ce récital on ne se lasse pas d’écouter ses interventions toujours empreintes de l’intelligence musicale d’un grand accompagnateur.

Crédit photographique : © Kirstin Hoebermann

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Genève. Opéra des Nations. 13-IX-2016. Robert Schumann (1810-1856) : Dichterliebe op. 48, Dein Angesicht op. 127/2, Lehn deine Wang’ op.142/2, Es leuchtet meine Liebe op.127/3, Mein Wagen rollet op. 142/4. Gustav Mahler (1860-1911) : Erinnerung (1890), Ich ging mit Lust (1890), Aus ! Aus ! (1892), Nicht Wiedersehen ! (1892), Der Schildwache Nachtlied (1892), Lied des Verfolgten im Turm (1892), Das irdische Leben (1892), Das himmlische Leben (1892), Urlicht (1896), Liebst du um Schönheit (1901), . Thomas Hampson (baryton), Wolfram Rieger (piano)

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