Dimitri Murrath et Éliane Reyes au Brussels Chamber Music Festival

Festivals, La Scène, Musique de chambre et récital

Bruxelles. Château du Karreveld. 2-X-2016. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Sonate en mi bémol majeur pour violon et piano n°19 K 302 ; Johannes Brahms (1833-1897) : Sonate pour alto ou clarinette et piano en mi bémol majeur n°2 op. 120 ; Robert Schumann (1810- 1856) : Pièces de Fantaisie op. 73 ; Henri Vieuxtemps (1820-1881) : Sonate pour alto et piano en si bémol majeur op. 36 ; Elégie pour alto et piano en fa mineur op. 73. Dimitri Murrath, alto. Éliane Reyes, piano.

Eliane Reyes copyright Eric ManasCe jeune festival s’installe dans l’agenda bruxellois et se développe d’année en année. Si les grands noms de la scène internationale s’y produisent, le festival accueille également de grands talents belges qui rayonnent à l’international.

C’est le cas du duo de ce soir, composé de , altiste dont la carrière a déjà été saluée par de nombreux prix et d’Éliane Reyes, dont la renommée n’est plus à faire. La pianiste a également été récompensée à de multiples reprises et, notons-le également, par une Clef d’Or ResMusica en 2011 (CD Tansman chez Naxos).

Cette collaboration est née du souhait de , lui-même pianiste et directeur artistique du festival, de réunir ces deux musiciens. Sa volonté était également de mettre l’alto en lumière. Son registre médian, au sein du quatuor entre les aigus du violon et les graves du violoncelle et la difficulté physique de sa pratique en font un instrument parfois méconnu. Cependant, des évolutions récentes témoignent d’un engouement croissant pour cet instrument.

La sonate de Mozart était techniquement irréprochable mais encore un peu distante. C’est avec la pièce de Brahms et les pièces de fantaisie de Schumann que le concert se colore rapidement. extériorise davantage sa profonde sensibilité,  servi en cela par des moyens techniques très développés. Il habite ces pièces avec beaucoup de constance tout en parvenant, par la grande variété de sa technique d’archet, à ménager au sein des motifs des espaces de respiration et de rêverie. L’agilité de sa main gauche est purement magique. Le duo, à un tel niveau, est un exercice compliqué : il s’agit de dépasser la simple réunion de deux solistes. Les deux musiciens de la soirée possèdent la plasticité des grands chambristes. Aussi, la formation fonctionne-t-elle ici dans un bel équilibre, parfois un peu sérieux mais c’est un mince regret qui est vite emporté par la chaleur de l’alto.

apporte une douce énergie et dépasse de beaucoup le simple accompagnement. Son jeu brillant s’assortit aisément à la précision de celui de Dimitri Murrath. Le soin porté à l’articulation et la clarté des phrases sont perceptibles dans les légatos romantiques de Schumann comme dans les phrasés plus staccato. Elle survole avec facilité les difficultés, passant outre l’acoustique compliquée de la salle.

Musicien et compositeur,  fut une étoile de l’école belge de violon. Sa sonate en si bémol majeur (tonalité qui convient si bien à l’alto) est une partition très virtuose mais les interprètes ne s’arrêtent pas là et en restituent avec art et naturel tout le lyrisme et la fougue, qui culminent dans le final très enlevé.

Sous les applaudissements, le duo se plie de bonne grâce à un rappel et revient sur scène pour une pièce courte, l’un des classiques du répertoire de l’alto : l’Élégie de Vieuxtemps, un petit chef d’œuvre technique et poétique. Ils ont l’intelligence d’en restituer sans caricature le romantisme teinté de nostalgie.

Crédits photographiques : © Eric Manas

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