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L’Italienne à Alger au Met dirigée par James Levine

La Scène, Opéra, Opéras

New-York. Metropolitan Opera. 26-X-2016. Gioachino Rossini (1792-1868) : L’Italienne à Alger, opéra-bouffe en deux actes. Production, décors et costumes : Jean-Pierre Ponnelle. Mise en scène : David Kneuss. Avec : Marianna Pizzolato, Isabella ; Ildar Abdrazakov, Mustafa ; René Barbera, Lindoro ; Nicolai Alaimo, Taddeo ; Ying Fang, Elvira ; Rihab Chaieb, Zulma ; Dwayne Croft, Haly. Metropolitan Opera Orchestra. Direction musicale: James Levine.

italienne-a-alger-metL’Italienne à Alger classique mais convaincante de la production de a séduit le public new-yorkais du Met, qui a retrouvé à cette occasion « son » chef attitré, .

Cet opéra-bouffe réunit tous les ingrédients du drame amoureux : jalousie, séduction, manipulation, sur fond de patriotisme italien. Une bonne dose d’humour donne à cette œuvre de jeunesse de Rossini un caractère de comédie légère qui fait rire de bon cœur. en particulier, campant un Mustafa aussi grotesque que tyrannique, déclenche l’hilarité, grâce à ses grimaces et son art de la danse très personnel. Désirant à toute force que la belle Isabella () rejoigne son harem, le bey d’Alger, bouffi d’orgueil et de spaghettis, est finalement berné par Isabella et ses compatriotes, croyant devenir un honorable « Pappataci » alors que ceux-ci parviennent à s’embarquer pour leur terre natale. Face à ce tyran gouverné par son ego et sa libido, incarne avec un charme débridé l’impertinence et la grâce d’une femme libre, contrastant avec la soumission d’Elvira (), l’épouse officielle du bey. Cette liberté s’exprime pleinement à travers la volubilité musicale dont elle fait preuve (Cruda sorte ! Amor tiranno !), déployant une très riche palette vocale.

Si est crédible en Taddeo (autre prétendant éconduit par Isabella), on a moins apprécié la voix sans profondeur de , qui a réduit le rôle de Lindoro à celui d’un amant transi, d’abord accablé de malheur puis ébloui par sa bonne fortune. Dans la fosse, tout n’est pas parfait non plus : le solo de violoncelle du second acte est simplement correct. Toutefois, dans le Strette final du premier acte, alors que la situation apparaît inextricable, chanteurs et orchestre parviennent à une belle osmose, amenée par sur un tempo redoublé et des crescendi très réussis. Si la mise en scène de David Kneuss est un peu sage, alors que le sujet aurait autorisé plus d’audace dans la représentation du sérail, la beauté du décor en revanche, qui permet d’intéressants jeux d’ombres sous les arabesques du palais du bey, est séduisante. C’est donc sans difficulté qu’on se laisse charmer par cette jolie fable sur la liberté de la femme.

Crédit photographique : © Metropolitan Opera

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