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Edward Hopper mis en musique avec Graciane Finzi, Natalie Dessay et Claire Gibault

Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Metz. Grande Salle de l’Arsenal. 26-XI-2016. Graciane Finzi (née en 1945) : Scénographies d’Edward Hopper pour ensemble de cordes et récitant, d’après « Soleil dans une pièce vide » de Claude Esteban (1935-2006) ; Samuel Barber (1910-1981) : Adagio pour cordes op. 11 ; chansons de Leonard Bernstein, Frank Sinatra, Duke Ellington, Irving Berlin, Thelonious Monk, etc. extraites du American Songbook. Natalie Dessay, soprano et récitante. Paris Mozart Orchestra, direction : Claire Gibault.

natalie-dessay-pictures-of-america_cop_bernard-martinezAutour d’une vingtaine de toiles du grand peintre naturaliste, se déroule un programme essentiellement consacré à la musique américaine. , et le consacrent le mariage de la musique et de la peinture.

Proposé dans le cadre du festival « La couleur des sons » monté en partenariat par l’Arsenal et le Centre Pompidou-Metz, le concert de , et le se donne comme fil conducteur l’œuvre du peintre Edward Hopper, connu pour ses scènes inspirées de la vie quotidienne de l’Amérique des années 1950. La pièce-maîtresse du programme est ainsi constituée des Scénographies d’Edward Hopper (2014) de , compositions orchestrales conçues autour de textes du poète français Claude Esteban, eux-mêmes un commentaire plus ou moins poétisé, parfois essentiellement factuel et descriptif, de sept toiles du grand peintre américain. L’intérêt du concept provient surtout de la subtile interpénétration entre la musique et la peinture, les sons de l’orchestre suggérant les signes plastiques et iconiques de l’œuvre picturale, tout comme la couleur et le mouvement du tableau prolongent la beauté de la phrase et de la couleur musicales. Le voyage dans la toile que permettent les technologies informatiques ouvre la porte de l’imaginaire, prolongeant au-delà de la pure analyse cérébrale le rapport intime de l’auditeur/spectateur à l’œuvre ainsi contemplée et entendue, que ce soit dans sa matière sonore ou dans sa matière picturale. Le reste du programme, entièrement fait de pièces devenues aujourd’hui des grands « classiques » de la musique populaire, repose sur le même concept. On ne tarira pas d’éloges, à cet égard, sur la pertinence du choix des tableaux de Hopper, en parfaite adéquation avec l’esprit de l’Adagio pour cordes de Barber ou avec l’esthétique des arrangements composés pour Natalie Dessay à partir de grands tubes du jazz ou de la comédie musicale américaine. Des morceaux comme « I feel pretty » du West Side Story de Bernstein, ou encore « In my Solitude » de , prennent ainsi des couleurs insoupçonnées lorsqu’ils sont illustrés et soutenus par la matière picturale.

Natalie Dessay ne sera sans doute pas la plus grande « crooneuse » du XXIe siècle. Son anglais reste trop gallique pour être crédible, et les couleurs de sa voix ne correspondent pas vraiment à ce répertoire qu’elle ne chante pas différemment des chansons de Michel Legrand, interprétées récemment. On n’en saluera pas moins le professionnalisme, la versatilité et l’intelligence musicale de cette grande artiste, capable parfois d’émouvoir là où on l’attend le moins. Aux petits soins pour sa diva en deuxième partie de programme, Claire Gibault brille tout particulièrement dans les pièces de , auxquelles elle sait donner, à la tête des instrumentistes du Paris Mozart Orchestra, luminosité et transparence. Le grand triomphateur de la soirée aura finalement été Edward Hopper, dont l’œuvre picturale s’est vue si bien mise en valeur par l’engagement musical des différents interprètes du concert.

Crédit photographique : Nathalie Dessay © Bernard Martinez

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