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À Radio France, Lugansky et Slobodeniouk convainquent par intermittences

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Paris. Maison de la Radio. Auditorium. 01-XII-2016. Johannes Brahms (1833-1897) : Concerto pour piano et orchestre n°1 ; Jean Sibelius (1865-1957) : symphonie n°5. Nikolaï Lugansky : piano ; Orchestre national de France, direction : Dima Slobodeniouk.

lugansky-nikolai-jean-baptiste-millotUne affiche et un programme prometteurs, autour du grand pianiste russe Nikolaï Lugansky et du chef , mais qui suscitent finalement quelques réserves.

Salle comble à Radio France pour ce concert de l’, à l’affiche bien prometteuse : un des pianistes les plus réputés du monde musical et un chef encore peu connu en France mais très impliqué dans la défense de l’œuvre de Sibelius.

Dans le Premier concerto de Brahms, œuvre de jeunesse du compositeur et monument de près de cinquante minutes, parfois assimilé à une symphonie concertante avec piano, le chef et le soliste ont peiné à maintenir la tension de bout en bout. D’un côté un Nikolaï Lugansky au jeu impeccable, mais trop préoccupé de sa partie pour véritablement entrer en dialogue avec le chef, et de l’autre un orchestre aux effets parfois lourds, avec notamment des cuivres assez prosaïques. Une certaine dureté dans les attaques du pianiste disparaît toutefois complètement dans le mouvement lent que le chef dirige à mains nues, alors qu’il a utilisé une baguette pour tout le reste du concert. Dans le dernier mouvement, le pianiste semble s’animer et devient alors aussi convaincant qu’il sait l’être.

Un Nikolaï Lugansky qui viendra, après l’entracte, s’asseoir dans le public, manifestant son respect pour l’orchestre et pour son chef d’un soir, .

De celui-ci, on attendait beaucoup dans Sibelius : il s’est formé à l’Académie Sibelius d’Helsinki mais il est surtout depuis cette saison 2016-2017 chef principal de l’Orchestre Symphonique de Lahti en Finlande et directeur artistique du Festival Sibelius. Sa vision de Sibelius possède en effet de nombreux atouts et il parvient à obtenir de beaux effets orchestraux toujours très contrastés. Mais on a l’impression d’entendre une suite d’ambiances, de moments musicaux, certes souvent somptueux, plutôt que de voir se déployer la grande construction foisonnante et fascinante d’une des plus belles œuvres de Sibelius. Il faudra peut-être encore quelques années à Dima Slobodeniouk pour enrichir sa lecture de la musique de Sibelius : c’est avec plus de maturité qu’il pourra en rendre encore mieux la force et la nécessité.

Crédits photographiques : Nikolaï Lugansky © Jean-Baptiste Millot

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Paris. Maison de la Radio. Auditorium. 01-XII-2016. Johannes Brahms (1833-1897) : Concerto pour piano et orchestre n°1 ; Jean Sibelius (1865-1957) : symphonie n°5. Nikolaï Lugansky : piano ; Orchestre national de France, direction : Dima Slobodeniouk.

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  • Martin Antoine

    Assez d’accord avec un Brahms décevant , Lugansky très extérieur trop pianiste et pas assez poète ; un orchestre un peu à la traine .
    Quant à Sibelius la même impression que vous et on ne retrouve pas la rigueur de Paavo Jarvi souvent magnifique dans ce répertoire avec l’orchestre de Paris ; de beaux moments et il faudrait le faire pour rendre cette musique ininteressante mais les lignes sont brouillés: par ex les appels de cor du finale ne sont pas précédés par la montée bouillonnante d’un matériel en fusion ; ils tombent un peu à l’eau .

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