La danse dans tous ses états : Art Danse à Dijon

Danse , Festivals, La Scène

Dijon. Grand Théâtre, 19-I-2017. Are friends electric ? Yuval Pick, chorégraphie ; Musique : Kraftwerk, Franz Schubert ; Julie Charbonnier, Madoka Kobayashi, Thibault Desaules, Jéremy Martinez, Adrien Martins, Emanuele Rosa : danseurs.
23-I-2017. 9000 Pas. Joanne Leighton : chorégraphie. Musique : Steve Reich, Drumming ; Lauren Bolze, Marion Carriau, Alexandre Da Silva, Marie Ponte, Marie-Pierre Jaux, Arthur Perole : danseurs.

YuvalPick_Arefriendselectric©SebastienErome2Que les idées des chorégraphes se télescopent sur des supports musicaux divers, c’est bien l’intérêt d’un festival comme celui d’Art Danse qui apporte ainsi sa contribution à la diffusion de celles-ci.

Les jeunes générations portent visiblement une attention toute particulière à cet art : le corps devient maintenant un bien que l’on entretient par tous les moyens ; la danse en amateur, les sports tranquilles ou de l’extrême pratiqués régulièrement, expliquent sans doute la fréquentation enthousiaste d’un public assidu.

Tout oppose au premier abord Are Friends electric ? et 9000 Pas : le premier spectacle donne à voir des sensations, l’autre s’articule autour de la spéculation mathématique, la suite de Fibonacci. Dans les deux cas les danseurs utilisent beaucoup la marche, les premiers dans les diagonales du plateau animé par une rampe de néon transversale, les autres tracent des cercles dans un plateau de sel, le cercle étant évidemment la figure parfaite, représentation du nombre d’or.

Cette conception radicalement différente du propos, senti ou bien intellectuel, va de pair avec le choix de la musique, quoique. Kraftwerk, pour Are Friends electric , peut être aussi expérimental dans son propos. Les débuts de la représentation montrent alors l’idée principale : les corps adoptent des postures en torsions musculeuses souvent figées quelques instants. Puis la représentation devient plus lyrique avec le support d’une musique à la fois « Pop » et électroacoustique. On retiendra les solos de Madoka Kobayashi pleins d’énergie et visiblement, de plaisir. L’impression d’ensemble de ce ballet reste celui de la contrainte, peut-être sociétale, et l’on n’oublie pas que le terme de « Kraftwerk » a un rapport avec le nucléaire…

9000 pas

9000 Pas semble parfaitement en accord avec la musique répétitive de . La première version de Drumming utilise des frappes de baguettes en bois et cette sécheresse convient au début du spectacle, assez interminable, il est vrai : 20 minutes de marche à pied, souvent en solo, évoquent plus la « rando » que l’hypnotisme ! Une sorte de lyrisme arrive avec les changements de timbres de la musique, que ce soit avec les marimbas et les glockenspiels : à la fin, le tournoiement des jupes moirées offre un joli spectacle.

Ce qui pose question, c’est dans les deux cas, la référence voulue aux pratiques anciennes des danses populaires ou de salon. Pour , c’est le menuet et ses figures par couples, pour , ce sont les danses des Balkans et les rondes : en danse, comme dans tous les arts, peut-on s’affranchir totalement du passé ?

Crédits photographiques : Are friends electric ? © Sebastien Erom ; 9000 pas © Laurent Philippe 

 

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