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À bras-le-corps dans la Rotonde du Glacier

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Paris. Opéra Garnier. 18-III-2017. Dimitri Chamblas et Boris Charmatz : À bras-le-corps. Chorégraphie et inteprétation : Dimitri Chamblas, Boris Charmatz. Musique : Niccolò Paganini (1782-1840), Caprices n°1, 10 et 16. Lumières : Yves Godin.

À l’occasion de l’entrée au répertoire de l’Opéra national de Paris d’À bras-le-corps, duo brut et intense, ses créateurs et l’ont dansé lors d’une soirée exceptionnelle, en présence de la Ministre de la Culture Audrey Azoulay.

Les 120 personnes serrées dans l’espace quadri-frontal de la Rotonde du Glacier de l’Opéra Garnier ont le sentiment de vivre un moment exceptionnel… et potentiellement dangereux ! 24 ans après sa création en 1993 à la Villa Gillet à Lyon, et se mesurent à nouveau dans À bras-le-corps, le duo brut et fondateur qui les propulsa du monde des danseurs à celui de la création chorégraphique.

À l’époque, Dimitri Chamblas et Boris Charmatz étaient des danseurs de centres chorégraphiques nationaux, formés à l’École de danse de l’Opéra de Paris puis au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Lyon. Interprète de Régine Chopinot, puis d’Odile Duboc à Belfort, notamment dans Projet de la Matière et Trois Boléros où il dansait en duo avec Emmanuelle Huynh, Boris Charmatz avait fondé en 1992 l’association Edna avec Dimitri Chamblas. Elle fut le support de leurs premières expérimentations scéniques.

On a longtemps considéré leur duo comme un manifeste de la « non-danse », à l’instar de Jérôme Bel, du chorégraphe éponyme. Or il n’y a rien de plus dansé qu’A bras-le-corps. Sauts, portés, vrilles, élans brisés, parcours limités par l’espace restreint, plus qu’un duo, c’est un véritable défi physique dont se saisissent avec énergie les deux danseurs. Les corps ont mûri, bien sûr, mais les deux gabarits de type « armoire » de ces deux forces de la nature sont toujours aussi présents dans la proximité de l’espace scénique. Dès le début du duo, les corps s’empoignent, s’étreignent, se soupèsent mutuellement, frôlant les spectateurs au passage et se laissant de brefs répits sur les gradins disposés autour de la scène. Les bras se lancent, s’imbriquent, s’emparent de l’autre dans une joute plus proche de la lutte que de l’adage. Clin d’œil à leur passé d’élèves de danse classique, ils se lancent dans une battle de tours en l’air, dont la réception est encore un peu hasardeuse. Quand chacun s’exprime en solo, on reconnaît en germe tout ce qui sera développé plus tard par Boris Charmatz, devenu chorégraphe : l’attention aux gestes symboliques, les ruptures de rythme, l’abstraction, et par Dimitri Chamblas, devenu performer et producteur de vidéos : la vitesse, l’immédiateté.

Il n’a pas été simple de transmettre aux danseurs du Ballet de l’Opéra de Paris un duo aussi intense et aussi exigeant physiquement, dans la proximité dangereuse avec le public. et , dont les gabarits se rapprochent de ceux des deux créateurs, ont relevé le défi. Avec eux, ce duo phare de la danse contemporaine des années 1990 est entre de bonnes mains.

Photos : © Benoîte Fanton / Opéra national de Paris

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Paris. Opéra Garnier. 18-III-2017. Dimitri Chamblas et Boris Charmatz : À bras-le-corps. Chorégraphie et inteprétation : Dimitri Chamblas, Boris Charmatz. Musique : Niccolò Paganini (1782-1840), Caprices n°1, 10 et 16. Lumières : Yves Godin.

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