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Dynastie Bach en relief par Jean Rondeau

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Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Concerto no 1 BWV 1052 en ré mineur ; Concerto no 5 BWV 1056 en fa mineur ; Johann Christian Bach (1735-1782) : Concerto en fa mineur ; Wilhelm Friedemann Bach (1710-1784) : Sonate FK 7 en sol majeur (transcription de Jean Rondeau) ; Carl Philipp Emanuel Bach (1714-1788) : Concerto Wq. 23 en ré mineur. Jean Rondeau, clavecin ; Sophie Gent, Louis Creac’h, violon ; Fanny Paccoud, alto ; Antoine Touche, violoncelle : Thomas de Pierrefeu, contrebasse ; Evolène Kiener, basson. 1 CD Erato. Enregistré à l’Auditorium de Poitier « TAP », du 6 au 9 septembre 2016. Durée totale : 76’19

 

Bach Dynastie Rnodeau confirme son talent, entouré d’instrumentistes tout aussi talentueux, dans ce disque consacré au grand Bach et à trois de ses fils musiciens les plus connus. Dominée par une pulsation musicale dynamique, leur interprétation, très en relief, est résolument moderne.

C’est un bref panorama de la lignée des Bach, retraçant en l’espace d’une heure et quart l’évolution musicale du baroque au classicisme, que proposent et ses amis. Dès la première écoute, la flexibilité des notes et des phrasés frappe, très fort. Et cela vaut aussi bien au clavecin qu’à l’ensemble. Ils imposent cette souplesse dans un contraste saisissant entre différentes parties en solo, et la partie d’ensemble, rigoureuse, dès le premier mouvement du Concerto no 1 de J.-S. Bach, en première piste. Dans le Concerto en fa mineur attribué à , cet aspect est encore plus flagrant. Les sauts d’intervalles au violon, les rythmes pointés, les imitations successives sur différents instruments… Tout participe à une théâtralisation grave et mouvementée, où l’inégalité des valeurs de notes prévaut avec efficacité. À la fin du premier mouvement, après la « cadence » extrêmement élastique au clavecin, la brève coda en notes pointées, qui progresse en crescendo subito comme pour « enfoncer le clou » de cette dramatisation, est absolument fabuleuse. L’heure est bien au classicisme, à celle de Sturm und Drang. La préfiguration du romantisme tourmenté est exprimée sans équivoque dans leur interprétation, comme pour faire suite au maniérisme baroque. Le sentiment de douleur dans la transcription par le claveciniste du « Lamento » de la Sonate en sol majeur de , en est certainement un autre exemple éloquent.

Qu’il s’agisse du Premier Concerto (1er mouvement), du Cinquième (3e mouvement) de Johann Sebastian, du Concerto en fa mineur de Johann Christian (1er mouvement), du celui en ré mineur (1er mouvement) ou de Carl Philipp Emanuel, Jean Rondeau s’envole au clavier, libre, sur un fond de pulsation rythmique de l’ensemble que l’on peut qualifier d’« organique ». Cette énergie ou force vitale latente, sur laquelle ces musiques sont construites, apparaît à la surface, grâce aux musiciens qui la rendent visible à tous. En effet, il y a quelque chose de visuel dans leur interprétation, elle est en relief, en trois dimensions !

Et les solistes y offrent des goûts, divers et variés : ils créent une sorte de mille-feuille sonore pour donner des matières par-ci épaisses et consistantes, par-là fines et légères, en y ajoutant de temps à autre du sel et du poivre, ce qui confère une touche originale et vivifiante, parfois piquante.

Lire aussi : Jean Rondeau en concert au TCE.

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Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Concerto no 1 BWV 1052 en ré mineur ; Concerto no 5 BWV 1056 en fa mineur ; Johann Christian Bach (1735-1782) : Concerto en fa mineur ; Wilhelm Friedemann Bach (1710-1784) : Sonate FK 7 en sol majeur (transcription de Jean Rondeau) ; Carl Philipp Emanuel Bach (1714-1788) : Concerto Wq. 23 en ré mineur. Jean Rondeau, clavecin ; Sophie Gent, Louis Creac’h, violon ; Fanny Paccoud, alto ; Antoine Touche, violoncelle : Thomas de Pierrefeu, contrebasse ; Evolène Kiener, basson. 1 CD Erato. Enregistré à l’Auditorium de Poitier « TAP », du 6 au 9 septembre 2016. Durée totale : 76’19

 
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