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Lisa Batiashvili et Mikko Franck captivants dans Sibelius

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris. Maison de Radio-France. Grand Auditorium. 12-I-2018. Raminta Šerkšnyté (née en 1975) : De Profundis pour orchestre à cordes ; Jean Sibelius (1865-1957) : Concerto pour violon et orchestre ; Béla Bartók (1881-1945) : Concerto pour orchestre. Lisa Batiashvili, violon. Orchestre Philharmonique de Radio France, direction : Mikko Franck.

LisaBatiashvili-7321_Fin remplace Mirga Gražinyté-Tyla, qui vient de succéder à Andris Nelsons à Birmingham, et qui était initialement prévue. Un concert dont le grand moment restera indiscutablement l’incandescente interprétation du Concerto pour violon de Sibelius par , magnifiée par la direction complice et symbiotique du chef finlandais, violoniste de formation et grand spécialiste du répertoire nordique.

La création française du De Profundis pour orchestre à cordes de (née en 1975) donne l’occasion aux cordes du « Philhar » d’occuper seules la scène du grand Auditorium de Radio-France pendant les douze minutes que dure l’œuvre de la compositrice lituanienne, dont le style éclectique s’inscrit dans un courant post moderne, volontiers polymorphe et hétérogène, qui sait faire appel à toutes sortes d’influences comme le jazz, la musique post romantique ou contemporaine. De Profundis est une œuvre de jeunesse, composée en 1998, se présentant comme une suite de moments musicaux faisant intervenir les différents pupitres (violons, altos, violoncelles et contrebasses) aux limites de leurs possibilités techniques, toujours à la recherche d’une expressivité haute en couleurs, soutenue par une rythmique souvent abrupte et fragmentée où le silence garde toute sa signification. Une pièce d’une redoutable complexité que le chef finlandais mène à bien de bout en bout par une direction claire, précise et efficace.

Pièce incontournable du répertoire violonistique, et à ce titre souvent galvaudé, le Concerto pour violon de Sibelius est une œuvre virtuose, d’allure rhapsodique, qui nécessite une recherche permanente de l’expression. Dès les premières mesures on est frappé par l’implication du jeu et par la densité du son de (lire notre entretien), qui fait preuve d’un engagement qui ne faiblit pas tout au long des trois mouvements, soutenue par la direction très complice de descendu, pour l’occasion, de son estrade pour se placer face à la violoniste. L’Allegro initial est mené suivant une dynamique tendue, sans pathos ni mièvrerie. Altos et clarinette (Nicolas Baldeyrou) s’y illustrent tout particulièrement. L’Adagio central est un moment de lyrisme intense accentué par un grand crescendo orchestral parfaitement conduit, avant un Final singulièrement virtuose.

Après la pause, le Concerto pour orchestre de Bartók donne au « Philhar » l’opportunité de faire valoir, dans cette partition complexe, sa cohésion irréprochable sous la direction de son directeur musical, ainsi que l’excellence de ses pupitres (petite harmonie, percussions, altos, harpe, cuivres) successivement mis en lumière dans cette œuvre.

Crédit photographique : Lisa Batiashvili © Sammy Hart

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