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À Dijon, un spectacle réconfortant de Brigitte Asselineau

Danse , Festivals, La Scène

Dijon. Théatre Mansart. 20-I 2018. Festival Art Danse. « Le chœur à plusieurs cœurs », Brigitte Asselineau, chorégraphe. Les Cheminants, troupe de danseurs : Nisrine AKil, Nadège Allée, Alain Badier, Céline Bourgeois, Marie Jo Gros, Delphine Lafoix, Sylvie Lapaiche, Claire Mathieu, Nina Palaccio, Emilie Teller. Composition musicale, batterie, machines : Adrien Desse. Compositeurs de la chanson : Cédric Batacchi, Sylvie Lapaiche. Lumières : Julien Lanaud.

LES CHEMINANTS_juin2017

«  », groupe formé de danseurs amateurs de l’Yonne et de la Côte d’Or, venus de milieux sociologiques différents, présentent leur création sur un thème humaniste : comment marcher ensemble, avec nos semblables, lors de notre marche sur terre ? Comment participer à cette avancée « chorale », intégré à ce groupe, tout en conservant son individualité ?

, danseuse fidèle à ses chorégraphes de prédilection comme Daniel Dobbels ou Odile Duboc, s’est totalement investie dans la transmission de son art auprès des amateurs. En effet, elle organise des stages depuis 2008 avec ses fidèles à Dijon, entre autres, grâce au soutien du Centre de Développement Chorégraphique National, et d’Art Danse Dijon. Le résultat est là : un spectacle émouvant dans son propos, et très au point dans son aspect technique, car la chorégraphe sait mettre en valeur ses danseurs sans forcer leur talent. Il transparaît alors une joie et une complicité communicative dégagée par les mouvements des interprètes, mouvements jamais forcés et exécutés dans la souplesse.

La soirée débute par un échauffement fait devant le public, et montre ainsi que seul le travail assidu sur le corps permet au danseur d’être performant. On entre dans le vif du sujet lorsque les dix interprètes occupent le plateau : là, on comprend, par la gestuelle de chacun, que la présence corporelle du voisin influe sur la sienne propre. On comprend aussi que le geste du bras levé et de la main fermée appelle à l’aide. favorise aussi les mouvements d’ensemble et aime les diagonales dans l’espace. Les mouvements restent toujours souples et harmonieux, le tempo est modéré sauf si la batterie l’accélère, ce qui ne survient que deux fois.

Le soutien musical du batteur Adrien Desse reste très discret la plupart du temps, et ressemble plutôt à des interventions de musique concrète très légères. La mélodie unique qui apparaît à la fin, accompagne la chanson « Love Shadow » murmurée par Sylvie Lapaiche puis par le chœur des danseurs, semble insister sur l’idée que le bonheur est fait de petits pas effectués avec soin par chacun mais aussi par tous.

En fait, l’idée développée dans ce spectacle est une idée philosophique, une sorte de vision positive de la vie, qui peut sembler naïve à certains. Malgré ce qui pourrait apparaître comme quelques longueurs dans la chorégraphie, il réussit à interroger sur le sens à donner au « vivre ensemble ». Dans une période où la compétitivité et l’agressivité sont monnaie courante, il est bon de céder à l’optimisme, et de penser que le bon côté domine chez l’Homme.

Crédit photographique : © Laurence Audenet-Perrier

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