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Le voyage vers Mozart de Daniel Hope : original, mais un brin frustrant

À emporter, CD, Musique symphonique

Journey to Mozart. Œuvres de Gluck, Haydn (Concerto pour violon n° 4), Mysliveček, Mozart (Concerto pour violon n° 3 et Adagio K. 261), et Salomon. Daniel Hope, violon ; Zurich Chamber Orchestra. 1 CD Deutsche Grammophon. Enregistré à Berlin en mars 2017 et Brodowin en mai 2017. Notice bilingue : anglais, allemand. Durée : 69:52

 

Avec son « voyage vers Mozart », ose un programme original et une thématique intéressante, malheureusement déparés par quelques arrangements douteux, auxquels on aurait préféré l’intégralité du Concerto de Mysliveček, dont ne figure que le mouvement lent.

Soucieux de renouveler, voire dépoussiérer les programmes traditionnels du CD (deux ou trois concertos à la suite), certains solistes essaient de composer des ensembles variés autour d’une thématique donnée. Récemment, Daniil Trifonov proposait par exemple, pour le même éditeur, un remarquable programme autour de Chopin ; voici maintenant , dirigeant de l’archet l’orchestre de chambre de Zurich, qui nous emmène dans ce « voyage vers Mozart ». Il part de Gluck, avec deux extraits d’Orphée et Eurydice, la Danse des furies pour orchestre et un arrangement de la Danse des esprits bienheureux, une page qu’affectionnait particulièrement Heifetz, et qui met le soliste en valeur.

Vient ensuite le Quatrième concerto de Haydn. Les concertos de Haydn demeurent injustement sous-évalués, mais la brillante énergie qu’y met Daniel Hope ne suffit pas à nous convaincre pleinement, peut-être en raison de cadences assez mal assorties et qui souffrent des sonorités curieusement âpres que Hope tire du Guarnerius mis à sa disposition par un mécène anonyme. Avant d’en venir à Mozart lui-même, Hope nous offre le seul mouvement lent d’un concerto de , dont le galbe et l’élégance font simplement regretter qu’on ne dispose pas des autres mouvements.

De Mozart, le Troisième concerto et l’Adagio K. 261 se présentent avec les mêmes qualités que le concerto de Haydn qui les a précédés, mais aussi le même défaut d’une sonorité parfois rêche, qui grève en particulier les cadences, dues en partie au violoniste lui-même. Après une brève et peu significative Romance de , qui fut, on le sait, l’imprésario de Haydn et l’organisateur des séjours à Londres qui nous valurent les fameuses « symphonies londoniennes », vient la dernière plage du CD. Hélas ! Pourquoi avoir conclu ce programme original et intéressant par cet arrangement consternant de la Marche turque pour orchestre (avec « turqueries » aux percussions), violon et clavecin, d’un goût réellement épouvantable… Dommage, car au lieu de ce faux pas regrettable, on aurait tellement préféré entendre le concerto de Mysliveček en entier. Décidément l’exercice de « dépoussiérage » des programmes de CD se révèle bien difficile, et tout le monde ne le réussit pas aussi bien que Trifonov…

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