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Paillasse de Leoncavallo inspire les Comédiens du Théâtre de la Huchette

La Scène, Spectacles divers

Paris. Théâtre de la Huchette. 31-III-2018. Raphaël Bancou : Comédiens !, comédie musicale sur un livret d’Éric Chantelauze librement inspiré de l’opéra « Paillasse » de Ruggero Leoncavallo. Concept et mise en scène : Samuel Sené. Décor : Isabelle Huchet. Costumes : Julia Allègre. Chorégraphie : Amélie Foubert. Lumières : Laurent Béal. Avec : Marion Préïté, Coco ; Fabian Richard, Pierre ; Cyril Romoli, Guy

Comédiens 1De l’opéra à la comédie musicale, il n’y a qu’un pas comme le démontre Comédiens ! de (musique) et (livret), spectacle librement inspiré de l’opéra vériste Paillasse composé par .

Après sa mise en scène de l’opéra Paillasse de Leoncavallo en 2004, Samuel Sené reste fasciné par cette troupe de théâtre arrivée dans un petit village du sud de l’Italie, où le directeur de la troupe, Paillasse, apprend que sa femme le trompe avec un villageois et, fou de colère, la tue sur scène. Cette comédie musicale dont Samuel Sené est à l’origine, maintient ce concept du « théâtre dans le théâtre » où se mêlent farce et tragédie. L’intrigue se déroule en 1948 lors des répétitions de la première représentation du spectacle qui ouvre la nouvelle salle du Théâtre de la Huchette, il y a 70 ans.

La comedia dell’arte devient ici vaudeville, la musique classique mute en sonorités jazzy, numéros chantés et dansés du vaudeville se juxtaposant à des instants musicaux « improvisés » par les comédiens de l’après-guerre, le piano et la guitare se mêlant aux bandes enregistrées. Mais les références directes à l’opéra sont bien présentes, comme le solo du directeur de la compagnie Pierre Castel () dans sa loge mais sur scène (!) qui n’est pas sans rappeler « Recitar ! Vesti la giubba » de Canio, où même l’accompagnement musical fait écho à la musique de Leoncavallo.

Le mélange entre le quotidien très réaliste de comédiens de la fin des années 1940, le vaudeville de la fin du XIXe siècle et l’inspiration opératique, est brillamment conçu, porté par seulement trois artistes sur scène. Remarquables tous les trois : la séductrice (Colette Cordier ou Coco), portée par un timbre charnu et une technique vocale sans faille (même ses aigus, sa principale appréhension pour la représentation en préparation !) ; (Guy), excellent musicien dont les tics de son personnage n’apportent aucun ombrage à l’investissement et à la crédibilité ; et enfin incarnant le directeur à la tête du projet et transmettant à merveille les angoisses de son personnage, ainsi que ses doutes sur lui-même et sur les autres qui le feront perdre pied.

Paillasse se conclut par « La commedia è finita ». Ici, même si un Pierre vengeur hurle cette même phrase pour marquer dans toute son aigreur la brutalité du dénouement, la performance des trois comédiens augure bien de la suite pour ce Comédiens !

Crédits photographiques : © Lot

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