Amusant Matrimonio segreto à l’Opéra de Cologne

La Scène, Opéra, Opéras

Cologne. Staatenhaus. 13-VII-2017. Domenico Cimarosa (1749-1801) : Il Matrimonio Segreto, dramma giocoso en deux actes sur un livret de Giovanni Bertati, d’après la comédie The Clandestine Marriage de George Colman et David Garrick. Mise en scène : Renaud Doucet. Décors et costumes : André Barbe. Lumières : Andreas Grüter. Avec : Donato Di Stefano, Signor Geronimo ; Anna Palimina, Carolina ; Emily Hindrichs, Elisetta ; Jennifer Larmore, Fidalma ; Norman Reinhardt, Paolino ; Renato Girolami, Comte Robinson. Gürzenich-Orchester Köln, direction musicale : Gianluca Capuano

Matrimonio2C’est dans la joie que l’Opéra de Cologne clôt sa saison avec Il matrimonio segreto de .

L’intrigue, il faut le dire, est bien maigre pour un opéra de trois heures. Un père qui arrange un riche mariage pour sa fille aînée. Un prétendant qui pourtant s’éprend de la cadette. Une fillette enfin qui est déjà mariée en secret. Et, bien sûr, une fin heureuse qui rend tout le monde content (ou presque). Mettre en scène cette histoire au XXIe siècle pourrait relever de la gageure. L’Opéra de Cologne a donc décidé d’inviter une production dont la création avait été saluée unanimement par le public et la critique : celle imaginée par et pour le festival de musique ancienne d’Innsbruck en 2016.

L’idée : esquiver le problème de la vraisemblance en transposant l’intrigue… dans un poulailler ! Et cette proposition, réalisée avec autant de métier que de fantaisie, fonctionne à merveille. En résultent trois heures de pur amusement, de joie sans complexes.

Musicalement aussi, cette production (donnée sans coupures) est une grande réussite. De sa baguette énergique, , nous fait découvrir une musique finalement plus variée et moins uniformément charmante que le veut sa réputation. Héritiers de la grande école des basses bouffes italiennes, et brillent dans les rôles du père et du prétendant. Voix jeune et lumineuse, est l’incarnation même de la jeune première. , au timbre légèrement plus pointu, mais à la virtuosité sans faille, campe à merveille la sœur vaniteuse.

Dans le rôle de la tante Fidalma, fait ses débuts tardifs à l’Opéra de Cologne. Si la voix ne peut cacher une certaine usure, son savoir-faire technique et son charme sont toujours intacts. Plus en retrait enfin, le Paolino de dont la voix charmante, mais petite, manque de panache, notamment dans le registre supérieur.

Le public, dès les premiers numéros, ne ménage pas son enthousiasme. Dommage que tant de sièges soient restés vides en cette belle soirée estivale.

Crédits photographiques : (Carolina), (Fidalma), (Geronimo), (Graf Robinson) © Paul Leclaire

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