Le Concerto pour violon de Carl Nielsen par Jiyoon Lee

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Carl Nielsen (1865-1931) : Concerto pour violon et orchestre ; Erich Wolfgang Korngold (1897-1957) : Concerto pour violon et orchestre en ré majeur op. 35. Jiyoon Lee, violon. Orchestre symphonique d’Odense, direction : Kristiina Poska. 1 CD Orchid Classics. Enregistrement réalisé à Odense (Danemark), les 26-28 juin 2017. Notice en anglais. Durée : 64:40

 

nielsen_leeLe Concerto pour violon de , créé en 1912 le même jour que la lumineuse Symphonie n° 3 « Espansiva », ne s’est jamais imposé au grand public. Cette gravure bienvenue changera-t-elle la donne ?

Les nombreux enregistrements antérieurs du Concerto pour violon de ont presque immanquablement véhiculé une impression de rugosité et d’âpreté. Assez récemment, la lecture de Henning Kraggerud,  avec l’Orchestre symphonique de Malmö dirigé par Bjarte Engeset (Naxos, 2016), a commencé à modifier ce ressenti, et à présent, la jeune violoniste sud-coréenne (née en 1992) nous livre une interprétation rendant enfin justice à cette partition riche dont elle dévoile les secrets. Son jeu noble, sa légèreté lumineuse mais jamais mièvre, sa compréhension intime aboutissent à une gravure digne de conquérir enfin un public trop inexistant. Elle excelle à défendre les aspects romantiques du Largo initial et du Poco adagio, ce dernier placé entre l’Allegro cavalleresco et le Rondo et l’Allegretto scherzando où dominent la virilité et la vigueur des pages nielseniennes toutes de courts rythmes sautillants dominant des notes longues légèrement dissonantes. L’, bien en place et volontairement moins idiomatique que ne le dicte la tradition, réagit idéalement à la baguette prodigieuse de la cheffe estonienne de renom .

Moins délaissé, certes, mais pas suffisamment donné non plus, le Concerto pour violon en ré majeur (1947) de Korngold bénéficie de la réunion synergique de ces artistes. Ils rendent justice, avec franchise et inspiration, à une partition de toute beauté, romantique à souhait, charmeuse et rhapsodique. Le premier mouvement (Moderato nobile), le plus attachant et réussi des trois provoque des frissons tant cette interprétation douce et ouatée, accomplie et frémissante, vise haut et atteint les sommets. Le résultat s’impose en priorité sans pour autant discréditer les versions de Jascha Heifetz (RCA), Anne-Sophie Mutter (DG), Gil Shaham (DG) et Vilde Frang (Warner).

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