Aspects de Bohuslav Martinů avec trois concertos représentatifs

À emporter, CD, Musique symphonique

Bohuslav Martinů (1890-1959) : Concerto pour deux violons et orchestre H. 329 ; Rhapsody-Concerto pour alto et orchestre H. 337 ; Concerto pour deux pianos et orchestre H. 292. Deborah et Sarah Nemtanu, violon. Magali Demesse, alto. Momo et Mari Kodama, piano. Orchestre philharmonique de Marseille, direction : Lawrence Foster. 1 CD Pentatone. Enregistré à Friche la Belle de Mai, Marseille les 20-30 juin 2017. Durée : 62:52

 

martinu_pentatone et ses troupes motivées nous initient à trois concertos succulents du prolifique Martinů, compositeur tchèque auquel ResMusica a consacré un dossier à l’occasion du cinquantième anniversaire de sa mort.

En arrivant à Paris en 1923, connut un certain succès en tant que compositeur, mais plus tard, son opposition à la politique de Hitler le conduisit à s’exiler aux États-Unis en 1941 et à ne revenir en Europe qu’en 1953. Son immense catalogue (plus de 400 entrées) aborde tous les genres musicaux et s’inspire de divers styles allant de la Renaissance et des concertos grossos de l’époque baroque jusqu’au jazz, sans oublier les marques profondes du folklore tchèque. C’est à Prague, dans sa jeunesse, que Martinů découvrit Debussy (Pelléas et Mélisande) puis, de son poste de second violon de la Philharmonie Tchèque, il fut très impressionné par les musiques de Ravel, Dukas et surtout Roussel, qui devint son professeur. Ces influences marquèrent durablement sa musique. Ce positionnement esthétique se retrouve dans ses nombreux concertos, un des sommets de son art, aux côtés des symphonies et d’inoubliables pages d’un lyrisme poignant.

Les trois concertos retenus par résultent de commandes (et de créations) passées entre 1943 et 1952. Le Concerto pour deux pianos se veut de forme libre et virtuose selon les propres mots du compositeur qui concède que sa partition regarde vers le concerto grosso, tout comme d’ailleurs le Concerto pour deux violons écrit à l’intention des célèbres frères Gerald et Wilfred Beal. Le Rhapsody-Concerto pour alto et orchestre contient plus de fantaisie et moins de références au passé baroque au profit de l’héritage plus récent d’Antonín Dvořák.

Pour chaque oeuvre, les premiers mouvements, extrêmement virtuoses et entraînants contrastent avec les seconds, lents et mélodiques. Les deux premiers opus de cet album proposent un troisième mouvement, Allegro, riche en vivacité, en rythmes et en couleurs, mais de part en part ces pièces véhiculent de nombreux caractères indiqués plus haut que l’ensemble des interprètes, de grande qualité technique et expressive, mettent en valeur avec respect et engouement.

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