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Vingtième édition du Festival Musique et Nature en Bauges

Festivals, La Scène, Musique d'ensemble

Festival Musique et Nature en Bauges.
Faverges. Église Saint-Pierre. 27-VII-2018. Œuvres de Claudio Monteverdi (1567-1643), Girolamo Frescobaldi (1583-1643), Biagio Marini (1594-1663), Giulio Caccini (1551-1618). Cappella Mediterranea, direction : Leonardo García Alarcón
Le Châtelard. Église. 12-VIII-2018. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Magnificat BWV 243 ; Missa 1733 BWV 232 I. Vox Luminis, direction : Lionel Meunier

JND_0152« Vingt ans d’excellence artistique en milieu rural » C’est ainsi qu’Anthime Leroy, directeur du Festival Musique et Nature en Bauges résume cette aventure sur un territoire situé entre le lac du Bourget et le lac d’Annecy. Les concerts de avec sa Capella Mediterranea et de ont démontré, malgré leurs aléas, l’ambiance chaleureuse, l’efficacité de l’organisation et la qualité des programmes.

Venise à la montagne avec la Capella Mediterranea

Si la Sérénissime connaît l’acqua alta (inondations dues aux marées hautes de l’automne) le village de Seythenex, où devait se donner le concert Rêve d’une nuit vénitienne, a connu le feu. Quatre jours avant la date prévue, quatre immeubles, proches de l’église où devait se dérouler cet évènement musical, ont été ravagés par un incendie. L’accès au village ayant été limité, il a fallu changer de lieu et investir l’église de Faverges. Un gros travail et une réussite pour l’équipe de bénévoles du Festival.

Mais ce n’était pas fini ! La voix de Mariana Florès, la soprano de la , étant altérée, il a fallu trouver une solution de remplacement. a choisi la jeune avignonnaise , étudiante à la Haute École de Musique de Genève, avec laquelle il a justement collaboré pour un récent disque Monteverdi. En trois jours, la jeune chanteuse a appris le programme et ce fut, pour le public, une belle découverte. Accompagnée par un théorbe, remonte la nef et ouvre le concert avec une pièce de Caccini. L’ambiance est créée. Le petit effectif musical convient bien au lieu. Avec trois pièces de Frescobaldi, la musique s’anime avec Leonardo García Alarcón à l’orgue. Le chef offre une petite merveille de Monteverdi : le Lamento della Ninfa chanté depuis la tribune, au fond de l’église. Puis Ohimé, ch’io cado dans laquelle Julie Roset montre la puissance de sa voix, sans excès, et un sens du rythme remarquable. Sensible, elle maîtrise les ornements dans La Caortorta de . Ce programme a mis en valeur une jeune artiste qui a les talents pour grandir encore.

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Bach : un testament musical avec l’ensemble belge

Deux semaines après, le concert de clôture du festival proposait le Magnificat et la Messe brève en si  de 1733. En préambule, a donné une conférence pour faire découvrir l’homme qui se cachait derrière le Cantor de Leipzig. Mais le mauvais sort rode toujours dans Les Bauges ! , directeur-fondateur de Vox Luminis, a perdu sa voix depuis quelques jours. Il ne tiendra que le rôle de chef, mais de loin ! Le public ne le verra pas et entendra à sa place Dominik Wörner. La « patte » musicale de est bien respectée par ses troupes, chanteurs et instrumentistes. Le Magnificat débute joyeusement. L’Et exultavit spiritus meus donne l’ambiance : jeune. Puis ce sont les instruments qui chantent. D’abord le hautbois de Jasu Moisio, qui accompagne la soprano dans le Quia respexit. On retiendra le superbe duo aux timbres homogènes dans le Et misericordia ejus. Quelle supplication douloureuse ! Arrive le Gloria Patri. On l’attendait très festif, et il l’est.

La seconde œuvre au programme pouvait être trompeuse. La Messe en si. Oui et non. En effet, il s’agit d’une des messes brèves écrites par Bach. Composée en 1733 en vue d’obtenir un poste à la cour de Dresde, elle ne comporte qu’un Kyrie et un Gloria. Elle sera complétée par Bach pour donner celle que l’on connaît sous le nom de Messe en si mineur BWV 232. Dans l’interprétation du jour, on note que l’orchestre n’est jamais envahissant. Il accompagne avec le respect dû aux chanteurs. Si le premier Kyrie est tendu, dense, le début du Gloria est, comme écrit, vivace. Le silence qui suit est fort, saisissant. On retrouve le chant du hautbois dialoguant avec la soprano Victoria Cassano dans le Qui sedes. Mais on retiendra surtout la musicalité, l’expressivité du cor d’Olivier Picon dans le Quoniam tu solus sanctus.

Une fois encore, on constate qu’il n’y a pas de « petit » festival. Grâce à de nombreux bénévoles au service des artistes, le public est là. Une preuve ? Ici, au Châtelard, le dernier concert du Festival Musique et Nature en Bauges était complet !

Crédits photographiques : Leonardo García Alarcón, Olivier Picon, Vox Luminis © Jean-Noël Démard

 

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