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Naples au Siècle des Lumières s’expose à Clermont-Ferrand

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Exposition : Viva Napoli ! Naples au Siècle des Lumières. Centre Lyrique de Clermont-Ferrand. Commissaire de l’exposition : Pierre Thirion-Vallet. Du 1er octobre au 30 novembre 2018

Naples-en-fête-bis-990x660Avec l’exposition Viva Napoli, le Centre Lyrique de Clermont-Ferrand met à l’honneur la ville de Naples au XVIIIe siècle, et plus particulièrement l’école napolitaine qui se répandit dans toute l’Europe.

Troisième ville d’Europe avec ses 400 000 habitants après Paris et Londres, Naples désormais autonome, trouve son apogée par les Arts, grâce au règne de Charles de Bourbon, arrière-petit-fils de Louis XIV, qui, comme son ancêtre, utilise l’Art et son rayonnement afin d’imposer sa suprématie. Il entreprend la réorganisation de ses États et donne à Naples le lustre d’une capitale des Lumières en érigeant le Palais de Capodimonte, le Théâtre de San Carlo, la Bibliothèque Nationale, l’auberge royale des pauvres et le Palais royal de Caserte. L’exposition débute donc en 1734 par un focus sur la plus grande résidence royale dans le monde, le palais de Caserte, puis les fouilles archéologiques de Pompéi que le souverain engagea à partir de 1748. Gravures en noir et blanc et photographies se succèdent sans véritable explications ni références à côté de chaque document. Ce constat est valable pour l’ensemble de l’exposition, qui perd ainsi un peu de sa consistance scientifique.

Sur le plan musical, le règne de Charles de Bourbon est marqué par la construction – en 280 jours ! – du théâtre San Carlo qui remplace l’ancien théâtre San Bartolomeo jugé trop exigu. La vitalité de la création lyrique s’opère ainsi désormais, illustrée ici par les très belles photographies d’Olivier Cléry. Là encore, quelques anecdotes amusantes auraient pu accompagner les visiteurs, comme les miroirs disposés dans les 184 loges et tournés vers la loge royale, l’aristocratie scrutant les moindres gestes du monarque pour applaudir ou désapprouver les prestations du soir.

La vie culturelle napolitaine est aussi marquée par l’existence de ces quatre conservatoires – le mot fut d’ailleurs inventé à Naples durant cette période – qui recueillaient principalement les enfants pauvres. Formation uniquement destinée aux jeunes garçons puisque Venise consacrait la sienne essentiellement aux jeunes filles, elle fut rendue possible grâce à l’essor de la réforme catholique au XVIIe siècle qui amena la musique dans tous les palais et les églises avant de rayonner sur l’opéra. Les conservatoires de Naples, très renommés dans l’apprentissage du chant et des instruments, forma les meilleurs castrats, compositeurs et instrumentistes de leur temps pour une école napolitaine qui rayonnera ainsi dans toute l’Europe. L’exposition met en lumière par des biographies succinctes et la reproduction de caricatures d’époque (1686-1768), auteur d’un grand nombre d’opéra seria et d’oratorios ; (1699-1783), le type même de compositeur étranger formé à la fameuse école napolitaine ; et (1710-1736) dont la carrière, pourtant riche de dix opéras seria ou intermezzi, ne dura que six années.

sans-titre (2)Mais Naples est un centre lyrique avant tout. Le début de cette exposition se concentre naturellement autour du règne des castrats par l’intervention du musicologue Patrick Barbier. Les exploits au-delà de la condition humaine de Farinelli sont donc mis à l’honneur (sa maîtrise du souffle avec la possibilité de chanter 250 notes à la suite sans respirer ou de déployer un son filé sur une minute pleine), tout comme ceux de Caffarelli (1710-1783) qui marqua plutôt les esprits comme chanteur dans la bravura. Cette exposition manquant cruellement de musique, cette absence sera bientôt comblée avec la redécouverte début 2019 du répertoire baroque napolitain défendu par et la Cappella Neapolitana avec, en version de concert, Marc’ Antonio e Cleopatra, opéra de .

On peut regretter que l’accès à cette exposition soit uniquement possible le soir des spectacles programmés à l’Opéra-Théâtre. Le parcours s’implante en effet tout d’abord dans le couloir quelque peu exigu du premier étage du théâtre avec un point d’histoire, continue au rez-de-chaussée avec les compositeurs et leurs œuvres, pour terminer au second étage où lieux de spectacles et de formations napolitains, artistes et costumes d’opéra sont présentés. L’exposition partira ensuite à la conquête d’autres publics dans les médiathèques et maisons de quartier des alentours.

Crédits photographiques : © Collection Centre Lyrique

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