La rencontre Haydn-Schoenberg selon Alisa Weilerstein

À emporter, CD, Musique d'ensemble

Joseph Haydn (1732-1809) : Concertos pour violoncelle n° 1 et 2. Arnold Schoenberg (1874-1951) : La Nuit transfigurée, version pour orchestre à cordes. Alisa Weilerstein, violoncelle. Ensemble Trondheim Soloists. 1 Hybrid SACD Pentatone. Enregistré à Trondheim en Norvège en avril 2018. Textes de présentation en anglais et allemand. Durée : 73:00

 

Les Clefs ResMusica

coverPour son début discographique chez Pentatone, aborde des œuvres façonnées par des représentants de la Première et Seconde école de Vienne : et . Cette combinaison aussi singulière qu’exotique ouvre de nouvelles perspectives d’écoute de ces compositions.

C’est sur le Concerto pour violoncelle n° 2 de Haydn que s’ouvre ce disque. nous en parvient une interprétation fringante et calorique. L’énergie qui émane de son instrument témoigne d’une virtuosité qui semble ne pas avoir de limites, également pour la cadence sur laquelle s’achève le premier mouvement de l’œuvre. Son archet est précis et dansant, par moments violent et abrupt, d’autres fois doux comme un agneau, mais surtout léger et évoquant l’art d’improviser. Pour ce qui est de l’accompagnement orchestral, l’ensemble de Trondheim est, malgré l’absence de chef, cohérent et attentif à la sensibilité flamboyante de la soliste.

Si les mouvements extrêmes des deux concertos de Haydn sont pleins de vigueur, et l’Allegro molto du premier concerto fulgurant même, les parties centrales de ceux-ci nous plongent dans un univers marqué par une atmosphère de rêve où le temps paraît suspendu au profit d’une cantilène douce et paisible, mais parfois aussi léthargique du violoncelle.

L’album se clôt sur La Nuit transfigurée de Schoenberg dans l’arrangement de celui-ci pour orchestre à cordes, révisé en 1943. Aussi pittoresque qu’elle soit, la lecture assurée par Weilerstein et la phalange norvégienne n’a rien à envier aux grands classiques du disque. Dès le début, leur interprétation est au rendez-vous par une expressivité et une force évocatrice élevées, dénuées de faux sentimentalisme et captivant par une palette de couleurs sombres et saturées à des nuances pastelles d’une subtilité envoûtante.

Le programme proposé sur ce disque nous permet de mieux comprendre la grammaire du langage de et d’ : ampleur et facilité du geste pour le premier, et tragique et décadence pour le deuxième.

Banniere-ClefsResmu-ok

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.