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A la Philharmonie de Paris, Valery Gergiev conclut sa Tétralogie wagnérienne

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Paris. Philharmonie 1. Grande Salle Pierre Boulez. 23-IX-2018. Richard Wagner (1813-1883) : Le Crépuscule des dieux (Götterdämmerung). Drame musical en un prologue et trois actes composés sur un livret du compositeur. Troisième journée de l’Anneau du Nibelung. Version de concert. Avec : Tatiana Pavloskaya (Brünnhilde) ; Mikhail Vekua (Siegfried) ; Roman Burdenko (Alberich) ; Olga Savova (Waltraute) ; Elena Stikhina (Gutrune) ; Evgeny Nikitin (Gunther) ; Mikhail Petrenko (Hagen) ; Zhanna Dombrovskaya (Woglinde et Troisième Norne) ; Irina Vasilieva (Wellgunde et Deuxième Norne) ; Ekaterina Sergeeva (Floohilde et Première Norne) ; Chœur et Orchestre du Mariinsky, direction : Valery Gergiev.

Bien loin de l’adieu crépusculaire en demi-teinte qu’on était en droit de redouter après le Siegfried de la veille, c’est sur un Crépuscule des dieux éclatant que conclut son marathon wagnérien.

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Si Siegfried la veille avait pu manquer quelque peu de souffle du fait d’une direction assez inconstante du chef, le Crépuscule de ce soir bénéficie, au contraire, d’une conduite orchestrale sans faille et d’une prestation instrumentale de tout premier ordre. Tout le mérite en revient, bien sûr et en premier lieu, à l’orchestre du Mariinsky. Excellent de bout en bout, dans la sonorité comme dans la mise en place, dans la précision des attaques comme dans la subtilité des transitions, dans la pertinence du phrasé, la richesse des couleurs orchestrales, la lisibilité des leitmotivs, les performances instrumentales (bois, cuivres et cordes graves), mais également dans la dynamique qui jamais ne faillit, dans le maintien des équilibres avec les chanteurs, ou encore, dans la tension dramatique qui à aucun moment ne se relâche, maintenant le spectateur en haleine pendant les cinq heures que dure l’opéra. Les deux passages instrumentaux, le très inspiré Voyage de Siegfried sur le Rhin et la terrifiante Marche funèbre sont menés de main de maître.

Au plan vocal, le tableau parait moins idyllique. Dans le rôle-titre, , annoncé souffrant fait pourtant bonne figure jusqu’à l’acte III, moment où la fatigue commence à se faire sentir. (Brünnhilde) dont la ligne de chant est constamment entachée par un vibrato marqué et un évident manque de graves, parvient, toutefois, à donner sa pleine mesure dans la scène de l’immolation (« Starke Scheite schichtet mir dort »). Les trois Nornes forment un trio assez hétéroclite où seule parvient à tirer son épingle du jeu. campe une Waltraute monolithique qui parle plus qu’elle ne chante. Seule figure féminine à faire l’unanimité, (Brünnhilde hier, Gutrune aujourd’hui) confirme, ce soir, la magnificence de sa prestation de la veille. En revanche, la distribution masculine, avec (Hagen), (Alberich) et (Gunther) tient toutes ses promesses, tout comme le superbe chœur du Mariinsky, dominé lui aussi par les voix masculines.

C’est sur une scène finale apocalyptique et une standing ovation prolongée que s’achève cette belle Tétralogie. Une interprétation tendue et lumineuse dont le mérite revient plus à l’orchestre du Mariinsky, somptueux de bout en bout, qu’à une distribution vocale assez inhomogène.

Crédit Photographique : © Alberto Venzago

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