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L’irrésistible ascension du violoncelliste Victor Julien-Laferrière

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris. Théâtre des Champs-Élysées. 11-X-2018. Richard Wagner (1813-1883) : Siegfried Idyll (version pour orchestre de chambre) ; Robert Schumann (1810-1856) : Concerto pour violoncelle et orchestre en la mineur op. 129 ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Symphonie n° 36 en ut majeur K. 425 dite « Linz ». Victor Julien-Laferrière, violoncelle. Orchestre de Chambre de Paris, direction : David Reiland

victor-julien-laferriere-resizeAccompagné par l’ dirigé par , le jeune violoncelliste français s’attaque au redoutable Concerto pour violoncelle de Schumann.

Âgé de 28 ans, bardé de récompenses internationales dont le Premier prix au Concours international Reine Élisabeth de Belgique en 2017 (lire notre entretien à l’issue du concours), puis en France Soliste de l’année aux Victoires de la musique classique en 2018, mène depuis quatre ans une carrière remarquable sur scène comme au disque chez Mirare (album de chambre Brahms chez Mirare en 2014, Clef ResMusica) dont l’interprétation de ce soir apporte encore la confirmation.

Le concert débute dans une ambiance très romantique par le poétique Siegfried Idyll de , composé en 1870 pour l’anniversaire de Cosima, dont le phrasé souple et langoureux des cordes de l’OCP exalte la tendresse et la sensualité et fait la part belle à des bois irréprochables (clarinette de Florent Pujuilas, hautbois d’Ilyes Boufadden-Adloff et basson de ).

Le Concerto pour violoncelle de Schumann est une pièce redoutable par l’engagement et la maturité d’exécution qu’elle nécessite, reposant toute entière, en un seul mouvement, sur un savant mélange de tendresse, de mélancolie, de contemplation et de passion conquérante. Dès les premières notes se distingue par la sonorité, la projection et un jeu véritablement habité : plein de passion dans un Allegro d’un romantisme incandescent auquel fait suite un mouvement lent d’une beauté élégiaque. Le jeu est naturel, méditatif, sans effet de manche, avant que le final ne redonne tous ses droits à une virtuosité époustouflante, pour soutenir un véhément dialogue avec l’orchestre, chauffé à blanc par la direction fougueuse de . Deux « bis » extraits des Suites pour violoncelle seul de Bach achèvent de nous convaincre.

Le seconde partie est entièrement dévolue à Mozart avec la Symphonie n° 36 dite « Linz », composée en trois jours, en 1783, dans la ville éponyme, par un Mozart amoureux. David Reiland, en donne une lecture très extravertie, pleine de verve et de cantabile qui fait superbement sonner les différents pupitres de l’OCP et notamment le basson dans le premier mouvement, le quatuor dans le second, le hautbois dans le troisième, avant un final virtuose et parfaitement mis en place, tenu dans un tempo effréné.

Crédit photographique : Victor Julien-Laferrière © Bruno Vessiez

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