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Wozzeck passionnant de William Kentridge à Salzbourg

À emporter, DVD, DVD Musique, Opéra

Alban Berg (1885-1935) : Wozzeck, opéra en trois actes d’après Georg Büchner. Mise en scène : William Kentridge et Luc De Wit. Décor : Sabine Theunissen. Costumes : Greta Goiris. Lumière : Urs Schönebaum. Réalisation vidéo : Tiziano Mancini. Avec Mathias Goerne, Wozzeck ; John Daszak, Tambour-major ; Mauro Peter, Andres ; Gerhard Siegel, Capitaine ; Jens Larsen, Docteur ; Heinz Göhrig, Idiot ; Asmik Grigorian, Marie ; Frances Pappas, Margret. Konzertvereinigung Wiener Staatsopernchor. Orchestre philharmonique de Vienne, direction : Vladimir Jurowski. 1 DVD ou Blue Ray Harmonia Mundi. Enregistré en août 2017 à Salzbourg, Haus für Mozart. Durée : 1:41

 

91aP38DlKkL._SY445_La très belle interprétation dirigée par est soutenue par une scénographie de , visuellement passionnante. La mise en scène apporte une grande humanité et la captation vidéo permet d’en apprécier l’émotion, mais aussi la complexité.

ResMusica a souligné avec enthousiasme la qualité musicale de ce Wozzeck donné à Salzbourg en août 2017.

Le DVD proposé par Harmonia Mundi nous immerge dans cette atmosphère douloureuse et dérangeante, mais si belle. Les gros plans permettent d’approcher la sensibilité des chanteurs, les détails de leurs gestes, montrant à quel point nombre d’entre eux ont désormais aussi des talents d’acteurs de cinéma. Ces moments de proximité, qui magnifient l’expression d’ en Marie et les excellents chanteurs de la distribution, permettent de mieux comprendre l’interprétation de , toute d’intériorité au risque d’y perdre vocalement. Un Wozzeck égaré, manipulé, à la fois touchant et inquiétant.

Le montage en alternance de ces plans très rapprochés, du cadrage d’espaces restreints où se situe l’action et de plans larges sur l’ensemble, met en valeur la scénographie. Les projections qui occupent toute la hauteur du décor, mais ne brouillent pas la vue sur les chanteurs, créent un univers onirique par un graphisme sophistiqué mais sensible. Guerre de 14, esthétique picturale des années 20 et dessins animés plus contemporains, inspirés de graffitis enfantins : ce travail d’animation complexe, à partir de dessins au fusain de , déchirés puis réassemblés, participe à la lecture du drame. Des lumières sombres et nuancées recentrent sur l’essentiel et font apparaître tel ou tel élément du décor, avec beaucoup de fluidité. Des espaces se découpent soudain, comme une fenêtre ou une armoire qui s’ouvrirait sur une scène intimiste.

Cette scénographie, une œuvre en elle-même, ne gêne en rien l’intensité du regard et de l’écoute que l’on doit aux chanteurs et à l’, remarquable et engagé. Enfin, une mention pour l’enfant, subtilement incarné par une étrange marionnette. La présence du marionnettiste, costumé comme un personnage, renforce curieusement l’intensité de celle du petit. Quelques mouvements, souvent maladroits, suffisent à rendre le trouble de ce témoin muet d’un monde incompréhensible d’adultes, éclairé par la tendresse maternelle.

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