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Thomas Hauert crée Flot pour le Ballet de Lorraine

Danse , La Scène, Spectacles Danse

Nancy. Opéra national de Lorraine. 15-XI-2018. Ballet de Lorraine : Plus Plus. Record of ancient things. Chorégraphie : Petter Jacobsson et Thomas Caley. Transparent Monster (première à Nancy). Chorégraphie : Saburo Teshigawara. Flot (Création). Chorégraphie : Thomas Hauert. Avec les danseurs du Ballet de Lorraine, centre chorégraphique national

FLOT1©LaurentPhilippeLe propose un nouveau programme dans le cadre de sa saison 2018-2019, autour de quatre chorégraphes contemporains. Une reprise avec Record of ancient things, de Petter Jacobsen et , une première nancéienne avec Transparent Monster de et une création avec Flot de .

collabore pour la première fois avec les vingt-deux danseurs du pour une création sur la Suite de Valses op. 110 de Prokofiev. On sait depuis Roméo et Juliette que Prokofiev est un compositeur naturel pour la danse. Thomas Hauert, en choisissant la Suite de Valses pour Flot, le prouve à nouveau. Cette musique très lyrique appelle une narrativité qui s’épanouit pleinement dans des trios ludiques et complices, mais trouve moins de fluidité dans les parties de groupe. Le chorégraphe tire parti du grand nombre de danseurs en étirant à loisir la file qu’ils forment ou en les faisant entrer à l’infini à travers le rideau de lamelles vertes qui circonscrit la scène. Cette dimension mouvante est renforcée par les costumes colorés et plissés portés par les danseurs.

Drôle, mais anecdotique, la pièce semble cependant handicapée par la cage de scène, trop étroite pour contenir cet effectif pléthorique. Empêchés par l’espace d’être virtuoses, ou tout simplement techniquement bons, les danseurs se contentent de la pauvreté de la proposition chorégraphique qui leur est faite, sans aller au-delà dans l’interprétation. C’est dommage !

D’autant plus regrettable que la pièce centrale du programme, Transparent Monster, créée sur mesure par le 16 février à la BAM de Metz, permet à trois remarquables interprètes du Ballet de Lorraine de montrer leur talent. Justin Cumine, Nathan Gracia et Willem-Jan Sans comblent nos sens dans ce court trio, qui offre comme une apparition dans ce programme en demi-teinte. Dans une scénographie lumineuse très simple, composée de cercles concentriques, les trois danseurs ultra-souples interagissent comme des cellules vivantes. Puissant, limpide et envoûtant.

En première partie de soirée, le Ballet de Lorraine proposait une reprise de Record of ancient things, de , le directeur de la compagnie, et . Près de dix-huit mois après sa création, la pièce ne trouve toujours pas sa pertinence sur la scène de l’Opéra de Lorraine. Les danseurs semblent véritablement embarrassés par cette écriture chorégraphique compliquée et manquant de souffle. On souffre pour eux alors qu’ils enchaînent des sauts à reculons, tout sauf naturels dans la cage de scène d’un théâtre, simulent la transe dans des scènes figurant les lumières d’un night-club ou décomposent le mouvement sous les flashs des photographes dans un stade. Un rendez-vous manqué dans chacune des parties de Record of ancient things.

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