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Démonstrations de l’École de danse de l’Opéra de Paris 2018

Danse , La Scène, Spectacles Danse

Paris. Palais Garnier.16-XII-2018. Démonstrations de l’École de danse de l’Opéra. 3e division garçons : Christophe Duquenne, accompagné par Masako Shimura. 3e division filles : Fanny Gaida, accompagnée par Richard Davis. 2e division garçons : Eric Camillo, accompagné par Ellina Akimova. 2e division filles : Fabienne Cerutti, accompagnée par Claire Djourado. 1ère division garçons : Wilfried Romoli, accompagné par Gaëlle Sadaune. 1ère division filles : Carole Arbo, accompagnée par Claire Djourado. 3e division filles et garçons « caractère » : Roxana Barbacaru, accompagnée par Ellina Akimova. 1ère division filles et garçons « pas-de-deux » : Wilfried Romoli, accompagné par Masako Shimura

Pour ces démonstrations, les classes de troisième, deuxième et première divisions montrent l’étendue de leur travail, du cours de classique au pas-de-deux, en passant par l’enthousiasmant cours de danse de caractère, au rythme de la gigue irlandaise. Un cru de qualité.

Petites filles en tutu, cheveux tirés en chignon, et groupes d’enfants venus avec leur professeur de danse, s’empressent et se bousculent à l’entrée du Palais Garnier. Passionnés de danse, ces enfants viennent assister à cet événement annuel que sont les démonstrations de l’École de danse de l’Opéra de Paris.

La classe de troisième division garçons est encore un peu verte, mais déjà les lignes se dessinent et certains talents se révèlent prometteurs. Très appliqués dans les exercices de tours et de petite batterie, les garçons manifestent une volonté de bien faire certaine.
Dans la classe des filles, le travail de pointes est encore approximatif ; les pieds ne sont pas toujours très en-dehors, les cinquièmes pas assez fermées et la fatigue se fait sentir en fin d’exercice chez ces très jeunes filles.

La seconde division filles comme garçons offre un très joli spectacle, avec un niveau plus homogène. Entrainés par Eric Camillo, les garçons font preuve d’une technique assurée, malgré l’hétérogénéité des physiques à cet âge. Les exercices, exigeants, font alterner pirouettes à la seconde, doubles tours en l’air et petite batterie virtuose, spécifique de l’école française. Certains affichent crânement quadruple tours de pirouette, démontrant des qualités de technicien que l’on a rarement l’habitude de voir à l’école.

Les filles se frottent avec succès à plusieurs exercices complexes. Le travail des bras est soigné et délicat, les lignes précises et gracieuses. Les difficultés se font davantage sentir dans les doubles pirouettes et les fouettés mais l’on voit se dessiner des profils intéressants pour le corps de ballet.

Après l’entracte, la classe de première division est annoncée avec un brin d’emphase. Il est vrai qu’après avoir gravi tous les échelons, cette classe se retrouve aux portes du corps de ballet de l’Opéra de Paris. L’enjeu est de taille. Dès cette année, certains auront la chance d’interpréter des rôles de soliste sur la scène de Garnier, à l’occasion du spectacle de l’école de danse, avant de présenter le concours d’entrée dans le corps de ballet.

Pour la classe des garçons, , leur professeur, a placé la barre haut. Il met au défi les élèves de réaliser leur premier manège de jetés sur scène, en dominant la pente de cinq pour cent, qui peut si facilement entrainer les danseurs dans leur élan. Le défi est relevé avec brio, et les manèges sont, dans l’ensemble, exécutés de manière honorable. Les jeunes danseurs doivent également maîtriser les doubles tours en l’air réceptionnés sur un seul pied et des enchainements complexes de pirouettes. La classe présente un très bon niveau d’ensemble. Certains se détachent par leur aisance ou leur présence mais sans domination écrasante de l’un d’entre eux.

La classe de première division filles est enseignée par Carole Arbo, qui propose une série d’exercices exigeants et éprouvants physiquement. Les jeunes danseuses, dont quatre sont déjà diplômées, présentent une certaine maturité artistique, alliant féminité, haut du corps souple et délié et levés de jambes à grande hauteur. Ce sont déjà des artistes que l’on prend plaisir à regarder danser.

La classe de troisième division revient pour présenter la danse de caractère, enseignée par  Roxana Barbacaru. Cette année, direction l’Irlande : les élèves entament une gigue irlandaise endiablée. Les jeunes danseuses sont charmantes, les cheveux dénoués retenus par un ruban vert, robes vertes et chaussures souples à petit talon. Le travail sur le rythme, marqué avec les pieds ou frappé avec les mains, demande une grande précision et développe la musicalité. Ce moment délicieux semble ravir autant le public que les jeunes danseurs, qui prennent un plaisir visible à danser.

Pour terminer, les premières divisions présentent le travail de pas-de-deux, enseigné par . Voir évoluer ces jeunes danseurs en couple est très intéressant. Les qualités observées en individuel se confirment et les exercices sont très bien maîtrisés. Pourtant, là encore, a un niveau d’exigence élevé : portés-poisson ou à bout de bras au-dessus de la tête, portés dynamiques où les danseurs lancent leur partenaire et la rattrapent en l’air, exercices en duos où le danseur danse en même temps qu’il guide sa partenaire. Mais les danseurs et danseuses manifestent déjà une grande aisance et semblent prêts à déployer leurs ailes pour débuter leurs carrières de danseurs et danseuses professionnels.

Crédits photographiques : © Francette Levieux/ONP

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