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Iván Fischer et le Philharmonique de Berlin côté romantique

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Berlin. Philharmonie. 21-XII-2018. Antonín Dvořák (1841-1904) : Légendes pour orchestre op. 59, n° 6 et n° 10 ; Hugo Wolf (1860-1903) : Lieder pour voix et orchestre ; Franz Schubert (1797-1828) : Symphonie en ut majeur D. 944. Christian Gerhaher, baryton ; Orchestre philharmonique de Berlin ; direction : Iván Fischer

image.phpMalgré chez Wolf, le concert  ne convainc qu’à moitié, faute d’élan.

À quelques jours de Noël, ce n’est pas l’esprit des fêtes de fin d’année qui préside au programme choisi par . Les deux premières œuvres au programme ont en commun d’avoir été écrites au piano avant de connaître les honneurs de l’orchestre : les deux Légendes de Dvořák qui ouvrent le programme ne sont guère que des hors-d’œuvre, où l’orchestre ne se prive pas de saisir les occasions de briller que lui offre la partition.

Les Lieder orchestrés de Wolf sont, s’il est possible, plus rares encore au concert que leurs versions originales, elles-même négligées de façon incompréhensible même en Allemagne, et on ne peut que féliciter d’avoir inscrit ces raretés à son répertoire. Wolf a très peu écrit pour orchestre, et ce travail d’orchestration s’explique d’abord par le fait qu’il devait permettre à ses œuvres de trouver un plus large public. À aucun moment on n’y sent une nécessité artistique aussi forte que celle qui avait présidé à l’écriture des originaux, et la déclamation subtile de la partie vocale est souvent perdue au profit de grands effets orchestraux qui n’apportent rien. Au moins , lui, ne se laisse jamais démonter, et la force poétique de sa diction reste intacte surtout dans les Lieder du Harpiste ; reste qu’on aimerait surtout l’entendre chanter ces Lieder avec son admirable pianiste Gerold Huber dans leur version originale.

Après l’entracte, les partis-pris d’ pour la Grande symphonie de Schubert se voient avant même de s’entendre : placés au premier rang autour du chef d’orchestre, les bois se voient ainsi mis en avant, et la richesse de ce que Schubert a écrit pour eux rend cette disposition inhabituelle gratifiante, à l’exception de quelques moments où, trop mis en avant, les bois semblent crier plus fort que de raison, notamment dans le troisième mouvement ; mais pour des solistes de la qualité de ceux de l’, l’inconvénient n’est pas si grand, le héros de la soirée étant ici certainement le hautboïste Jonathan Kelly. Pour autant, on aurait aimé dans les cordes un peu plus de couleurs et de diversité de textures ; la direction d’Iván Fischer semble se préoccuper plus des carrures rythmiques que de l’élan vital qui parcourt la symphonie. On aurait pu espérer que Fischer n’en reste pas à cette option tout au long des quatre mouvements, mais ce choix initial est implacablement tenu, et si on peut admirer la précision et l’intelligence du travail rythmique ainsi accompli, le résultat va tellement à l’encontre du mouvement de la musique que c’est finalement l’ennui qui s’installe.

Crédit photographique : © Monika Rittershaus

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Berlin. Philharmonie. 21-XII-2018. Antonín Dvořák (1841-1904) : Légendes pour orchestre op. 59, n° 6 et n° 10 ; Hugo Wolf (1860-1903) : Lieder pour voix et orchestre ; Franz Schubert (1797-1828) : Symphonie en ut majeur D. 944. Christian Gerhaher, baryton ; Orchestre philharmonique de Berlin ; direction : Iván Fischer

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  • Michel LONCIN

    « Travail rythmique » ou … « baroquisation » … ?

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