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La Navarraise de Kurzak et Alagna

À emporter, CD, Opéra

Jules Massenet (1842 – 1912) : La Navarraise, opéra en un acte. Avec : Aleksandra Kurzak, Anita ; Roberto Alagna, Araquil; George Andguladze, Garrido ; Brian Kontes, Remigio ; Issachah Savage, Ramon; Michael Anthony McGee, Bustamente. New York Choral ensemble (chef de chœur : Italo Marchini), Opera orchestra of NewYork, direction : Alberto Veronesi. 1 CD Warner Classics. Enregistré de novembre 2011 à mai 2017. Durée : 44:00. Petit livret en anglais, français, allemand

 

navarraise kurzak alagna warnerCréé à Londres en 1894, La Navarraise est une œuvre très courte (moins de 50 minutes), parfaite émanation du vérisme italien qui saisit alors l’Europe entière. Assez peu servie par la discographie, cette œuvre a retenu l’attention du couple star Alagna/Kurzak, pour notre grand plaisir.

La Navarraise est l’un de ces opéras qui témoignent de la grande polyvalence stylistique de , alors au fait de sa gloire après les grands succès que furent son Werther au romantisme germanisant et sa délicieuse Manon portant ses regards vers un XVIIIe siècle fantasmé. Il se tourne ici vers le réalisme d’un livret sentimental dans un contexte politique marqué par les guerres carlistes en Espagne, le tout servi par une musique aux accents véristes. C’est court, intensément dramatique jusqu’aux rires désespérés de folie qui clôturent l’œuvre.

Cette nouvelle intégrale dont la particularité est d’avoir été commencée en novembre 2011 pour se terminer en mai 2017, bénéficie de nombreux atouts, à commencer par les deux rôles principaux.

Le rôle de la Navarraise n’est pas sans rappeler celui de Santuzza dans le Cavalleria Ruticana de Mascagni. prête sa voix à ce rôle fort qu’elle prend à bras le corps. Si la diction n’est pas encore son fort, les belles couleurs de sa voix lui permettent d’épouser les enthousiasmes amoureux et les angoisses de l’héroïne avec beaucoup de naturel. Les aigus déchirants entrecoupés de graves plus denses et le travail sur l’accentuation donnent beaucoup de souffle à cette performance.

n’a plus rien à prouver dans ce répertoire qu’il défend avec classe et panache depuis tant d’années. Il se montre tel qu’en lui-même. Un phrasé simple et fluide, une diction toujours impeccable, une expression franche, un timbre encore juvénile bien que plus viril, tout concourt à une très belle prestation particulièrement électrique dans les duos avec celle qui partage désormais sa vie.

Le Garrido du géorgien sonne parfois un peu « exotique » avec ce timbre un peu pâteux mais il respecte suffisamment la prosodie française pour s’imposer. , et complètent avantageusement la distribution.

ne retient jamais les forces de l’Opera Orchestra of New York, épousant l’esprit d’une œuvre intensément dramatique et violente. Il ne néglige pourtant pas les superbes transparences du délicat « nocturne » qui sépare les deux parties dramatiques poussées vers une tension intenable interrompue par le glas et les cris de désespoir de l’héroïne. Glaçant !

 

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