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La France baroque version nocturne par Sébastien Daucé à Metz

Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Metz. Arsenal. 3-II-2019. Airs de cour et de ballet et pièces instrumentales d’Antoine Boësset (1586-1643), Pierre Guédron (1570-1620), Étienne Moulinié (1599-1676), François de Chancy (1600-1656)… Ensemble Correspondances ; direction : Sébastien Daucé

187370-sebastien_dauce_photo_molinavisuals_14Les séductions subtiles d’une part du répertoire baroque encore méconnu sont mises en lumière par l’, sans nul doute le plus compétent en la matière.

Le plus haut fait d’armes du jeune est sans nul doute sa résurrection scénique (et discographique) du vaste Ballet Royal de la Nuit (1653), apogée de la civilisation de cour dans la France baroque ; en parfaite continuité avec cette entreprise, mais dans un cadre plus intime, l’ensemble et son chef proposent dans ce nouveau programme intitulé Toute la nuit un parcours thématique qui mène du crépuscule à l’aurore. Cette thématique, à vrai dire, n’est qu’un fil conducteur très ténu, l’unité venant surtout de la parenté musicale des pièces présentées : c’est qui est le plus présent, mais on y retrouve notamment son beau-père Cessez mortels est sans doute le plus moment du concert. Alternant interprétation soliste et polyphonie au sein d’une même pièce, ce programme s’ouvre sur des pièces dramatiques où l’on croise Diane ou Orphée, mais qui sont très loin des nouvelles ambitions dramatiques de leurs contemporains italiens ; l’importance première du travail poétique sur le texte demande aux interprètes une haute maîtrise de l’art savant de l’ornementation qui lui donne tout son sens, et c’est ce que les chanteurs de la soirée maîtrisent à merveille.

Neuf chanteurs et huit instrumentistes se partagent les pièces, alternant entre basse continue et instrumentation plus fournie (une flûte à bec, quatre violes dont de brillants solos de ). Il manque par moments quelque chose à leur exécution en concert : une incarnation scénique que semble appeler le texte du Concert de différents oyseaux de Moulinié où corbeaux et hiboux ne sont autres que des dieux déguisés, aurait donné au concert un peu plus de variété. Mais le public en sort avec une série de certitudes agréables, celle de l’éminent intérêt historique et musical de ce répertoire d’une haute sophistication, celle de la grandes qualité des interprètes de l’Ensemble Correspondances, à quelques faiblesses près chez certains solistes vocaux, et celle de la nécessité, dans ce répertoire, de musiciens recréateurs dont les compétences musicologiques sont indissociablement mêlées à leur pratique d’interprète.

Crédit photographique : © Molina Visuals

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