La gravité selon Damien Jalet dans Skid

Danse , La Scène, Spectacles Danse

Paris. Théâtre national de Chaillot. 31-I-2018. GöteborgsOperans Danskompani / Damien Jalet : Skid. Première française. Chorégraphie : Damien Jalet. Musique : Christian Fennesz. Musique additionnelle : Marihiko Hara. Scénographie : Jim Hodges, Carlos Marques da Cruz. Costumes : Jean-Paul Lespagnard. Lumières : Joakim Brink. Assistant à la chorégraphie, danseur invité : Aimilios Arapoglou. Direction des répétitions : Ami Shulman. Avec Aimilios Arapoglou, Takuya Fujisawa, Emilia Gisladottir, Sabine Groenendijk, Joseba Yerro Izaguirre, Valerija Kuzmica, Emelie Leriche, Pascal Marty, Michael Munoz, Waldean Nelson, Eianr Nikkerud, Dorotea Saykaly, Duncan C Schultz, Endre Schumicky, Frida Dam Seidel, Satoko Takahashi, Lee-Yuan Tu.

Skid_03 © Mats BackerDans Skid propose aux danseurs de la GöteborgsOperans Danskompani une fascinante expérience autour de la gravité.

Un vertigineux plateau de danse, incliné à 34 degrés, c’est le terrain de jeu que , chorégraphe franco-belge, propose aux danseurs de la GöteborgsOperans Danskompani. Un par un, les danseurs apparaissent en haut de cette pente, qu’ils traversent lentement jusqu’à disparaître dans un gouffre obscur.

Glissant sur cette pente neigeuse, on dirait les petits culbutos aux extrémités lestées, vendus à la sauvette aux touristes. Ralentissant ou accélérant leur descente par la force des mains ou des pieds, ils s’entraînent les uns les autres dans la chute par l’effet de leur propre poids. Comme chez Yoann Bourgeois, c’est le dispositif scénique qui crée la contrainte et, par conséquent, induit la chorégraphie.

Dans une deuxième partie très efficace, les danseurs, tels des pompiers de Paris aux costumes rembourrés et aux cheveux nattés, se lancent à l’assaut du plateau, ardu comme un mur d’escalade. La musique et le travail de lumière concourent aussi à cette dramatisation des effets combinés de la scénographie et de la danse.

Se tenant par un bras ou par une jambe, ces danseurs ressemblent à une colonie d’insectes ou de chenilles, dont l’analogie est renforcée par la suspension d’un cocon élastique d’où émerge un homme nu comme un ver.

Une fin en suspension, à laquelle il manque… une chute !

Crédits photographiques : © Mats Bäcker

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