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Rafał Blechacz et Bomsori Kim trouvent le chemin de l’élégance

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Gabriel Fauré (1845-1924) : Sonate pour violon et piano n°1 op. 13. Claude Debussy (1862-1918) : Sonate pour violon et piano L.148. Karol Szymanowski : Sonate pour piano et violon op. 9. Frédéric Chopin (1810-1849) : Nocturne n° 20 en ut dièse mineur (arrangement de Nathan Milstein). Rafał Blechacz, piano. Bomsori Kim, violon. 1 CD Deutsche Grammophon. Enregistré à la Siemens-Villa, à Berlin. Notice en anglais et allemand. Durée totale : 62:54

 

Blechacz Kim DGG et interprètent trois sonates pour violon et piano emblématiques car à la croisée des esthétiques des XIXe et XXe siècles. Amoureusement conçu, leur voyage musical brille d’une clarté chaleureuse qui réjouit.

Une remarque tout d’abord : si la notice est en anglais et en allemand et le texte sous-titré “From Paris to Warsaw”, doit-on s’étonner que la traduction française ait été jugée inutile ? Cela dit, voici un très beau récital, magnifique de couleurs et d’élégance.

Qu’il interprète au disque Bach, Chopin, Beethoven ou Szymanowski, le vainqueur du Concours international Chopin de Varsovie en 2005 est d’une égalité de toucher splendide. De son côté, la violoniste sud-coréenne , qui collectionne les prix les plus prestigieux, subjugue par la clarté de son archet, sa sûreté d’intonation et ce petit “plus” de fantaisie et de tempérament nécessaires. Voilà une Sonate n° 1 de Fauré aérienne, souriante et si loin de l’univers des salons feutrés de la haute bourgeoisie. Humoristique parfois, espiègle souvent, elle ne supporte aucune lourdeur, mais aussi aucune brume. Les deux interprètes s’amusent des contrastes rythmiques entraînés par la vivacité qui fit écrire à Saint-Saëns : « Sur tout cela plane un charme qui enveloppe l’œuvre entière et fait accepter à la foule des auditeurs ordinaires, comme choses toutes naturelles, les hardiesses les plus imprévues… »

Sonate elle aussi pour violon et piano (et non l’inverse), la partition de Debussy est très bien caractérisée avec ses élans hispanisants et les réminiscences des sonorités de l’orchestre. Le duo très judicieusement capté impose une égalité de fait entre les deux instruments tout en les distinguant. L’aisance de jeu est confondante tout autant que la quête de simplicité, si difficile à exprimer chez Debussy.

L’influence franckiste perceptible dans la Sonate en ré mineur de Szymanowski est dans cette version exaltée. La dynamique impressionne tout comme la justesse d’un dialogue aussi intense. Nous écoutons deux narrateurs qui ont pensé les couleurs dans les moindres détails et prennent sans cesse des risques comme au début du finale, véritable explosion de couleurs. Le Nocturne de Chopin referme comme un bis idéal ce récital qui est une parfaite réussite.

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