Les Nations spirituelles des Talens Lyriques

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François Couperin (1668-1733) : Les Nations. Les Talens lyriques, clavecin et direction : Christophe Rousset. 2 CD Aparté. Enregistrés en septembre 2017 dans la Galerie dorée de la Banque de France à Paris. Durée totale : 109:01

 

Cover-AP197-Les-Nations-Les-Talens-LyriquesDeuxième partie, après les Concerts royaux, de leur diptyque discographique à l’occasion de l’année Couperin, ces Nations vues par et ne manquent assurément pas de qualités.

C’est avec beaucoup d’esprit que aborde les quatre Sonades accouplées à des suites de danse qui forment Les Nations. Le génie musical de , la beauté de ses mélodies, l’audace de ses harmonies, sont rendues avec une grande inventivité qui permet de mettre en valeur tous les versants de cette musique : malice, nonchalance, nostalgie, noblesse, énergie… Le tout avec beaucoup d’élégance et de bon goût. La richesse de l’instrumentation (deux violons, deux flûtes et deux hautbois qui se partagent les deux voix de dessus, un basson et une viole de gambe pour la voix de basse, et un théorbe et le clavecin pour le continuo) aide à la variété des expressions et des couleurs, par des changements d’instruments toujours pertinents. S’il fallait s’en convaincre, la Passacaille de l’ordre « L’Espagnole » par exemple y suffirait.

Par rapport à la version de référence de Jordi Savall avec Le Concert des Nations, récemment rééditée (Alia Vox), qui est jouée dans une configuration similaire, font bien sûr preuve de la même qualité instrumentale, et la beauté des timbres comme la science du jeu baroque à la française sont à louer. Dans les choix d’interprétation, on trouve avec Christophe Rousset davantage de contrastes de tempo, plus de recherche en général, une articulation plus volontiers liée dans les voix de dessus, ce qui rend peut-être la version de Savall plus évidente à l’écoute, mais sûrement pas plus riche ou plus profonde. On regrettera seulement ici l’indigence du livret, dans lequel on cherchera en vain le moindre indice sur la vision que les interprètes ont de l’œuvre.

On se rapportera alors à l’ouvrage que Christophe Rousset a consacré à François Couperin (Actes Sud). Il y affirmait à propos du compositeur que « la fragilité de sa musique ne peut reprendre vie qu’entre des mains précautionneuses. » Il faut croire que celles des interprètes l’ont été assez, car cet enregistrement redonne en effet toute leur vie foisonnante aux trente-six pièces des Nations.

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