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Vox Luminis et Café Zimmermann, mariage réussi dans la Passion selon saint Jean

Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Paris. Église Saint-Roch. 10-IV-2019. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Passion selon saint Jean BWV 245. Raphael Höhn, l’Évangéliste. Vox Luminis (chef de chœur : Lionel Meunier). Café Zimmermann, concertmeister : Pablo Valetti

Press_PhotoL’étape parisienne de l’ensemble vocal de associé à l’ensemble instrumental de et , avait lieu à l’église Saint-Roch.

Dans cette Passion selon saint Jean de , donnée sans véritable chef ( s’absente même inexplicablement du pupitre de basses pendant la majorité de la deuxième partie), deux choses frappent d’emblée : l’acoustique délicate du lieu et le parti-pris d’une certaine retenue dans le chant. La première est spécialement défavorable aux violons, et c’est d’autant plus dommage que le petit orchestre de , aux basses renforcées d’un basson, d’une contrebasse et d’un théorbe, est en tous points excellent. Le second découle peut-être de la relative modestie des effectifs (trois chanteurs par pupitre) mais aussi d’un choix expressif qui vise une montée en tension au cours de la deuxième partie.

De la simplicité, un refus de l’excès de théâtralité, voire une certaine pudeur, c’est aussi ce qui caractérise la prestation de Raphael Höhn en Évangéliste. Le ténor n’en est pas pour autant en retrait, alliant délicatesse de l’intonation et force de l’expression, le tout avec une diction impeccable. C’est un rôle qu’il chante en concert depuis un an, après l’équivalent dans la Passion selon saint Matthieu : on sent déjà beaucoup de métier.

Les interventions des solistes sortis du chœur sont à l’avenant : est lumineuse et impeccable techniquement dans l’aria Ich folge dir gleichfalls mit freudigen Schritten (car tout n’est pas sombre dans une Passion), Raffaele Giordani se montre énergique et dramatique mais sans excès dans Ach mein Sinn, et campe, du début à la fin, un Christ solide. Quant à Alex Chance (déjà entendu avec Vox Luminis dans la Messe en si), sa voix de contre ténor très légèrement maniérée et son timbre quelque peu mat et métallique ne feront jamais l’unanimité, mais son approche, en plus d’être techniquement parfaite, est extrêmement touchante. Son air crucial Es ist vollbracht qui précède immédiatement la mort du Christ est encore plus poignant, et le dialogue avec la viole d’ est superbe.

Toute la deuxième partie, d’ailleurs, accomplit les promesses de la première. Toujours aussi bien accompagnés par , les chanteurs de offrent un supplément d’énergie et de tension, avec toujours l’impression qu’aucune note n’est laissée au hasard. Les moments où le chœur figure la foule en colère ou les soldats pourraient avoir plus de relief, mais s’inscrivent dans une qualité d’ensemble tout à fait remarquable. Rien n’est plat, surtout pas le Pilate un peu empressé de , ni le récit de l’Évangéliste à l’approche du moment fatidique ou décrivant les conséquences terribles de la mort du Christ. L’air de soprano Zerfließe, mein Herze chanté avec beaucoup de finesse par est quant à lui un véritable moment de grâce. C’est enfin avec ferveur et plénitude que le chœur et l’orchestre concluent cette soirée sur la promesse de la Résurrection et de la joie future.

Crédit photographique : © David Samyn ; Café Zimmermann © Jean-Baptiste Millot

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