Banniere-ClefsResmu-ok

Les 7 nuances de plaisir de Mette Invargtsen

Danse , La Scène, Spectacles Danse

Paris. Centre Georges Pompidou. 3-V-2019. Mette Ingvartsen : 7 Pleasures. Concept et chorégraphie : Mette Ingvartsen. Lumières : Minna Tiikkainen. Son : Peter Lenaerts, avec musique de Will Guthrie. Scénographie : Mette Ingvartsen, Minna Tiikkainen. Dramaturgie : Bojana Cvejic. Directeur technique : Joachim Hupfer. Performeurs : Sirah Foighel Brutmann, Johana Cheimnitz, Katja Dreyer, Elias Girod, Bruno Freire, Gemma Higginbotham, Mette Ingvartsen, Ghyslaine Gau, Calixto Neto, Norbert Pape, Pontus Petterson, Manon Santkin

10.-Mette-Ingvartsen-7-Pleasures-c-Marc-CoudraisAprès 21 Pornographies montré en 2018, le Centre Pompidou continue l’exploration des « Red Pieces » de Mette Invargtsen avec 7 Pleasures, une pièce pour douze danseurs. Une vision radicale et maximaliste de la sexualité.

Gangbang sans jouissance, partouze sans sexe, on peut s’interroger au sujet de 7 Pleasures, l’une des trois « Red pieces » que Mette Ingvartsen a chorégraphiées de 2015 à 2017 sur le thème de la sexualité. Ici, les corps sont nus durant la totalité du spectacle, à l’exception du moment où les danseurs, dissimulés parmi les spectateurs, se lèvent pour se déshabiller entièrement avant de rejoindre le plateau où ils s’empilent soigneusement les uns sur les autres.

Cet amas organisé de corps qu’ils forment se déplace progressivement à travers la scène en rampant, jusqu’à ce que chaque corps s’en détache avant de se relever et d’exploser dans un furieux tremblement, dont le rythme s’intensifie.

Un solo de batterie de jazz donne ensuite le coup d’envoi à une appropriation démoniaque du plateau et de tous ses accessoires. Objets du quotidien (plantes vertes, ficelle orange, tuyau d’arrosage, chauffeuse ou canapé, table basse) deviennent autant de sex toys manipulés de manière tantôt ludique, tantôt obsessionnelle. On retrouve dans certains de ces rituels des simulacres de pratiques sexuelles sadomasochistes ou encore les codes et le langage corporel de la cinématographie porno.

Mais ne joue jamais avec la perversité ni le voyeurisme. Sa vision du sexe est mécanique ou clinique, pas culturelle ni sensuelle. C’est ce qui fait de 7 pleasures un spectacle troublant et dérangeant.

Crédits photographiques : © Marc Coudrais

Banniere-ClefsResmu-ok

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.